| Notre
fille ainée Eva a fréquenté avec 31 petits camarades
les trois années d'école maternelle, certe principalement
le matin. En maternelle, nous nous étions rendus compte que l'approche
pédagogique de l'éducation nationale ne nous correspondait
pas du tout, que la créativité était très limitée
et qu'un grand nombre d'activités étaient logiques,
cartésiennes et d'une certaine pauvreté.
En 2003 Eva est allée au CP toujours à l'école du village, à 250 mètres de chez nous. L'année s'est déroulée cahin-caha, la découverte de la lecture a été une grande richesse pour elle, mais nous trouvions que l'enseignement était triste et rigide . Elle a eu deux semaines de contrôles et d'évaluations par trimestre, soit six semaines en tout et vivait très mal ces contrôles à l'âge de sept ans, il lui arrivait de se lever en pleurs à l'idée de ces contrôles qu'elle réussissait pourtant bien. Un
jour elle nous a expliqué qu'elle en avait "vraiment marre
de faire du coloriage magique".
C'est anecdotique mais je le relate ici parce que cette anecdote porte en elle toute la dimension de la pédagogie selon l'éducation nationale. Le coloriage c'est déjà pauvre en soi, mais si on a même pas le choix des couleurs alors, c'est vraiment prendre les enfants pour des moutons de panurge et pas pour des individus. Elle aurait pu par exemple profiter de son temps d'avance sur ses camarades pour aller aider ceux qui avaient des difficultés et apprendre ainsi la coopération et l'entraide plutôt que la compétition et le chacun pour soi. Elle aurait alors pu éprouver la joie d'aider un autre plutôt que de ressentir l'inutilité de ce coloriage, parce que cela s'est répété tout le long de l'année. Mais il n'y a pas de place pour cela dans une classe de 32 enfants. Un autre jour, l'école m'a téléphoné pour me dire qu'Eva avait fait pipi dans sa culotte. Cela m'a beaucoup surpris, mais en questionnant Eva, elle m'a expliqué qu'au delà de 2 ou 3 élèves, les autres n'avaient plus le droit d'aller aux toilettes, ni de boire de l'eau en classe s'ils avaient soif. Quel adulte accepterait ainsi un emploi où ses besoins physiologiques les plus élémentaires n'ont pas de place ? A Noël l'arrivée du premier bulletin trimestriel m'a consterné : Eva avait de bons résultats, et une moyenne de 9,43. Alors j'ai compris devant ce ,43 que la course et la compétition était engagée à cet âge de sept ans et pour de nombreuses années. Cela s'est confirmé en fin d'année avec la nomination des "meilleurs élèves". Tout n'est pas noir bien sûr, mais pour moi la majorité du projet éducatif prend racine sur des bases qui ne me correspondent pas du tout, alors l'ensemble qui se construit à partir de cela me semble erronné. L'été 2004 a été riche en questionnements, en lectures e en interrogations par rapport à l'éducation nationale et à la fonction réelle de l'école pour mes enfants. Cette
période de maturation m'a permis de comprendre qu'un des objectif
du système scolaire était d'élever (ou plutôt
de rabaisser d'ailleurs) des individus dont le but serait de pérenniser
la société dans son fonctionnement actuel.
J'ai aussi compris que mes enfants n'auraient pas de place dans ce système en temps qu'individus avec un rythme et des besoins spécifiques.Ils seraient seulement la partie d'un groupe auquel il faudrait se conformer et se formater sans faire de vagues. La
rencontre nationale de l'association "Les
enfants d'abord" se déroulait fortuitement à une heure
de chez nous cette année. Nous avons décidé de nous
y rendre. La rencontre avec d'autres parents non scolarisant, la rencontre
avec des adolescents jamais scolarisés qui m'ont ému et surpris
pour leur intégrité, leur spontanéité et leur
respect, le fait de pouvoir verbaliser nos peurs et nos doutes ont finalement
balayé notre indécision. Nous avons alors laissé le
choix à nos enfants de faire la rentrée à l'école
ou à la maison. Et leur choix s'est porté sur la maison,
sans aucune hésitation, vu les souffrances rencontrées l'année
précédente, pour Eva du moins.
Robert Lyons, l' auteur de cette méthode indique : "Vous êtes la seule personne qui doit apprendre quelque chose durant ces activités. Observez, questionnez et écoutez pour que vous appreniez et non pour faire apprendre". Pour finir, je peux dire que ces quelques premiers mois d'instruction en famille ont été d'une grande richesse pour nous cinq, les journées sont denses et parfois difficiles, mais j'ai une joie infinie à voir mes trois enfants grandir et évoluer à leur rythme. Vos réactions, témoignage, questionnements sur l'école à la maison, sur le Forum |
Associations de parents pratiquant l'instruction en famille
Les enfants d'abord
Historiquement première association en France. Organise des rencontres régionales et nationales, propose un soutien juridique aux famillesLibres d'Apprendre et D'Instruire Autrement
Association nationale qui a pour but de faire connaître l'Instruction en Famille, de favoriser les échanges entre familles (rencontres, listes de discussions), et de les soutenir dans leur choixChoisir d'instruire son enfant
Echange de méthodes et matériel pédagogique
![]()
Contact - Accueil - Liens