Je pense aussi que si il y a un parti-pris désagréable dans cette étude, c'est qu'elle prend en exemple des géants de l'agro-alimentaire qui font du n'importe quoi en barre. Il est clair que l'idée est un peu "ah bon, alors je ferais mieux de faire mes courses à l'Hyper les yeux fermés plutôt qu'à mon Amap" ?
Et ça, c'est juste pas acceptable vu les merdes qu'on essaie de nous vendre. Mais ça je pense que n'importe qui ici le pense, et d'une certaine manière il ne s'agit bien souvent que de notre petite santé - même si je suis tout à fait d'accord !
L'autre problème effectivement, c'est que cette enquête ne parle qu'en kwh, ce qui n'évalue vraiment ni les GES, ni la pollution effective, ni même l'épuisement des ressources.
Le fret par bateau consomme peu d'énergie et émet encore peu de GES, mais il n'empêche que c'est très polluant. Je ne sais comment fonctionne les orangeraies du Brésil, mais si elle se font au détriment de l'environnement, elle sont difficilement comparables à des petits vergers locaux implantés là depuis toujours. Il ne prend d'ailleurs pas le risque de comparer une petite oliveraie bio d'espagne avec une plantation d'huile de palme indonésienne, ce qui serait sans doute au détriment de l'oliveraie de son point de vue purement énergétique, d'ailleurs très axé sur le transport. Alors que bon, l'huile de palme, quand même... tout le monde sait qu'elle est rarement défendable d'un point de vue environnemental, épuisement des ressources, du biotope etc... et augmentation des GES via la deforestation !
Donc, bref, OK, les exemples se veulent "choc" en renversant les valeurs, quittent à oublier pas mal de choses importantes en route. N'empêche, je trouve que ça touche juste sur des trucs comme par exemple, si on va chercher ses 10kg de farine perso en bagnole à une ferme qui se trouve à 50 bornes, d'un point de vue "rentabilité énergétique", c'est n'importe quoi - d'autant qu'à l'aller, on est dans une caisse vide, alors que les gros transporteurs ont une charge à l'aller comme au retour, ce qui leur permet de rentabiliser. Je trouve aussi intéressant de comprendre que le transport par route (légèrement majoritaire en Europe, et malheureusement très majoritaire en France) est un gaspillage d'énergie terrible par rapport au bateau, ce qui lui permet de trouver que le transport du jus d'orange en bateau n'est pas si consommateur d'essence ramené au litre de jus...
En deux mots, même si ça bouleverse quand même certaines de mes idées toutes simples (plus c'est près, moins ça fait de co2, ce qui effectivement n'est peut-être pas toujours si vrai), je trouve quand même cette idée en filigrane intéressante : une bonne logistique est essentielle pour limiter le gaspillage, et si on ne s'y tient pas, on va à l'encontre de ce qu'on pourrait vouloir défendre...
Car personne n'a rien dit sur l'aspect purement "économies d'énergie" ?