La charte du forum s'est faite légèrement cracher dessus dans les messages précédents. Quel manque d'ouverture d'esprit et surtout d'information !
Je m'intéresse au charbon-amendement (plus politiquement correct que "biochar" aux yeux de certains) depuis presque deux ans et je suis en train de lire un ouvrage scientifique sur le sujet :
Biochar for Environmental Management. J'ai pu aussi lire de nombreux articles (en anglais car le net francophone n'est pas très fourni) et visionné plusieurs vidéos et conférences. Pour finir je fais un test dans mon jardin avec du charbon maison (j'ai appris ce matin que dans mon département le brûlage des déchets de jardin est interdit, quelle poisse).
Voici mes réponses :
Citation
- ça stocke le CO2 pendant 1000 ans mais c'est aussi un fertiliseur à court terme?
- Si c'est utilisé comme charbon "énergie", le CO2 est relâché tout de suite, ce n'est rien d'autre qu'un agrocarburant à très mauvais rendement.
Le charbon stocke sous forme de molécules très stables une partie du carbone contenu dans la biomasse. On estime à 50% la part de carbone qui reste dans le charbon, l'autre moitié se retrouve dans les gaz inflammables et le goudron issus de la pyrolyse de la biomasse (cuisson en l'absence d'oxygène). L'amendement des sols par le charbon n'apporte pas un effet immédiat, il se fait sentir après un ou deux ans, de manière graduelle (il faudrait peut-être envisager de vieillir artificiellement le charbon pour qu'il ait un effet immédiat sur la capacité d'échange cationique) . Les particules de charbon possèdent une grande surface de contact chargée négativement, ce qui leur permet de fixer les cations comme l'ammoniaque NH4+, le calcium CA2+ etc, à la manière de l'humus et de l'argile. Le charbon va d'ailleurs se lier à l'argile comme le ferait l'humus pour former un complexe organo-minéral grâce à un pont de calcium ou autre cation similaire.
Il y a une multitude de charbons différents, suivant la température de cuisson, la vitesse de cuisson, le type de biomasse utilisé, l'humidité de la biomasse etc. Certains charbons peuvent augmenter le pH du sol, d'autres l'abaisseront, il faut bien choisir son produit pour équilibrer le pH de son sol si nécessaire.
La pyrolyse contrôlée peut produire de l'énergie en plus du charbon, c'est pourquoi ce procédé est cité comme une source d'énergie éventuelle (en plus du fait que le charbon peut être utilisé effectivement comme carburant sous forme de briquettes mais c'est un peu du gaspillage au regard de sa fonction d'amendement des sols).
Citation
Si on est limité à 5 à 20 tonnes par hectare et que le charbon reste présent dans la terre pendant 1000 ans, au bout d'un an on est saturé et on ne peut plus en remettre.
Je n'ai pas trouvé mention d'une quelconque limitation de l'apport de charbon dans le sol sur cette plaquette Pro-Natura. Il y a comme je le disais plus haut une multitude de charbons différents et ainsi on ne peut pas dire d'emblée que tel sol ne pourra recevoir que 20 tonnes de charbon. J'ai lu quelque part une recommandation en volume : 20% de charbon pour 80% de sol, mais encore faut-il savoir sur quelle profondeur on incorpore cet amendement. Quand à la quantité de biomasse nécessaire pour faire une tonne de charbon, cela dépend si on parle en matière sèche ou humide ! Bref, si on a mit la dose maximale, et bien on arrête et l'année suivante on utilise la biomasse pour faire du compost, du BRF, que sais-je encore...
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D'autres problèmes: dépendance supplémentaire des agricultures, transport et énergies nécessaires (en plus j'ai du mal à croire que des végétaux encore plein d'eau puissent alimenter la machine...)
Si le but est de fertiliser de nouvelles terres, on peut aussi se poser la question de savoir pourquoi elle ne sont plus fertiles
Les tiges de maïs en fin de culture ne sont quand même pas gorgées d'eau ! De même pour la paille de céréale. Pour ce qui est des tailles d'élagage, il suffit de les faire sécher comme on ferait sécher du bois. Au besoin on peut utiliser la chaleur dégagée par la pyrolyse (ou brûler les gaz issus de ce procédé) pour finir de sécher la biomasse avant de la passer dans le pyrolyseur (il y a certains modèles qui marchent ainsi). Je ne vois pas du tout où est la dépendance supplémentaire pour les agriculteurs, car il existe de nombreux designs très simples de foyers efficients produisant du charbon lors de la cuisson des aliments, donc pas besoin d'aller à l'usine. Enfin pour le transport, la solution est un pyrolyseur itinérant comme il s'en fait en Australie : on pyrolyse sur place la biomasse et on la répend sur le champ derchef.
Il est vrai que la solution du charbon-amendement fait penser à l'alopathie : on apporte un remède mais on ne regarde pas la cause de la maladie. C'est moins pire que de ne pas utiliser de remède du tout : l'agriculture conventionnelle gaspille d'énormes quantités d'engrais lessivés par les pluis et hop dans la mer, si le charbon peut les capter pourquoi s'en priver (encore que pour le nitrate j'ai un doute puisque c'est un anion donc non-susceptible d'être attrapé par le charbon - la réponse doit se trouver quelque part).
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Je me doute bien que Pronatura avec leur Biochar sous-couvert d'Institut Sans Frontière est une histoire douteuse de partenariat avec les plus grands dirigeants et leur liste plus que douteuse de "sponsors".
C'est un peu léger comme affirmation, proche du conspirationisme ! Je ne sais pas quelles sont les méthodes employées par Pro-Natura pour promouvoir cette technologie, peut-être sont-elles pervertes, mais la technologie en elle-même ne semble pas douteuse, surtout que l'archéologie dans le bassin amazonien a confirmé les hypothèses de fertilité du charbon-amendement sur le long terme.
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- comment créer ce charbon ? Agro/pétro/bois
- et alors qu'elle est l'impact sur les forêts, directement ou indirectement ?
- l'intérêt par rapport à des cultures traditionnel ?
- ou se trouve l'ingérence européenne dans ce cas ? (à nouveau...)
- comment y gagnent-ils ? (ISF... leurs intérêts ?)
-> Le charbon peut être créé à partir de fiente de poule, de bouse de vache séchée, de crottes de nez, bref tout ce qui est organique (végétal ou animal). Comme je l'ai dit auparavant les effets du charbon-amendement dépendent notamment du type de biomasse employée. Un bon pyrolyseur ne nécessitera aucune énergie extérieure (à part l'allumette pour lancer le process). L'idée est de récupéré les "déchets" de culture (paille, tige, feuille, élagage) ou les fumiers divers pour les transformer en amendement durable. Il ne s'agit pas de tout carboniser, mais plutôt d'en convertir une partie en charbon pour améliorer la fertilité du sol au fil du temps, le reste étant transformé en compost ou en engrais (par méthanisation par exemple - les boues concentrées peuvent complémenter le biochar).
->Tout dépend de quelles fôrets on parle. Il serait débile de couper du bois dans la fôret pour en faire du charbon-amendement alors que l'on peut utiliser les déchets de culture et fumiers à cet effet. Il y a assez de carbone dans l'atmosphère pour "nourrir" les fôrets déjà en place, on ne va pas les affamer en faisant du charbon-amendement à grande échelle en utilisant les déchets de culture...
->L'intéret du charbon-amendement saute aux yeux : la fertilité augmente au fil des ans, et les effets sont évidement plus visibles sur des sols pauvres que des sols fertiles. De toute manière il ne s'agit pas d'utiliser toute la biomasse qui nous tombe sous la main pour la carboniser !
->Ingérence européenne ?????????????????? Ce n'est pas les européens qui ont "inventé" cette technique, cela vient (notamment ?) de l'Amazonie et c'est vieux de plusieurs siècles (voir millénaires !). Que des bonnes volontés dispersent cette technique dans les pays pauvres ne me choque pas du tout....
->Intérêts de la "boîte" ? euuuuh.... Selon toi tous les organismes humanitaires ont un intérêt financier dans les actions qu'elles mènent ? Je ne comprends pas... À moins que : oui les employés de ces ONG ont intérêt à avoir des résultats pour avoir des sponsors qui payent leurs salaires, tout à fait.
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Après avoir fouiné dans ma documentation… Il y a bien un procédé qui permet d'obtenir un sous produit noirâtre, qui peut servir en effet à la fertilisation des sols.
Cramer par distillation sèche les déchets industriels et les ordures résiduelles organiques donnerait assez de gaz combustible pour être une alternative au pétrole, par un procédé de géothermie de surface ; les sous produits destinés à l'agriculture.
Appeler ces matériaux riches en Kalium, issus de pyrolyse « Charbon de bois, sans bois. »
C'est aussi me prendre pour un idiot et j'estime ne pas mériter ça !
J'écris en mon nom tout en sachant que plusieurs membres du site connaissent parfaitement le procédé de méthanisation.
Moi pas comprendre phrase en gras ! Et le reste aussi en fait. La méthanisation est un processus endothermique alors que la pyrolyse est un procédé légèrement exothermique (suivant le degré d'humidité de la biomasse), de plus les températures des deux procédés sont vraiment différentes.
Citation
Tu sais comment ça se fabrique le charbon de bois ?
Que les barbecues d'Europe grillent, entre autre avec les forêts de Madagascar ?
La question que je me pose : C'est combien d'hectares de forêt faudrait-il bruler pour obtenir de quoi fertiliser les sols désertiques au Sud de l'équateur ?
Même sur de petites surfaces, c'est à raison de 5 à 20 tonnes de biochar à l'hectare pour faire des complexes à puits CO2 ! Ça fait beaucoup à mon avis.
Où vont-ils les trouver les arbres ?
Le "biochar" n'est en aucune façon du charbon exclusivement fait à partir du bois, qui plus est du bois de fôrets équatoriales primaires. Je ne peux que rigoler devant une telle simplification de la chose !
J'ai déjà dit plus haut que le but est de transformer des déchets de culture et des fumiers, pas du bois de la fôret vierge. M'enfin chacun croit ce qu'il veut...
Des "complexes à puits CO2" ? Quelle étrange formulation ! Pour ce qui est de la biomasse de la fôret équatoriale, elle augmenterait de 30 tonnes par an. Même en prenant un poids sec de 20% (6 tonnes), on peut y aller avant de la faire disparaître. Mais encore une fois ce n'est pas l'idée du charbon-amendement que de raser la fôret pour fertiliser les déserts (
non mais trop LOOOOL quoi !).
Citation
Du coup, ISF, se lance dans une nouvelle campagne qui se nomme Biochar, dont voici le lien de la sous-boite qui lance ça
http://www.pronatura...g=fr&page=index suffit de suivre le lien de Biochar ensuite.
J'ai reçu cette plaquette que je place sous GoogleDoc :
https://docs.google....iYTViOWQ5&hl=fr
Ce qui me fait me poser des questions, c'est le fière rapport avec la révolution verte, leur mentalité calculatrice de revenus (argent...) après les discussions personnels que j'ai pu avoir et les sponsors... (BP, coca cola, The World Bank, G-7, ONU, EuropeanUnion,Université Paris 6 et 11, Aventis, Exxon Mobil, L'Oréal, Sanofi, Total...)
Aurais-tu un lien internet pour confirmer la parenté entre ISF et Pro-Natura ? Cela me paraît tiré par les cheveux mais bon si c'est ton ami(e) qui te l'a dit.
Je suis moi aussi un peu gêné par la référence à la révolution verte vu que c'était (une catastrophe) un plan fric des occidentaux d'après ce qu'on a pu voir. Je n'ai pas trouvé trace dans la plaquette d'ascpet financier, où font-ils mention de revenus ? Je vois plutôt "améliorer la productivité" ou "améliorer leur alimentation".
Pour les sponsors, il faut savoir que sous certaines conditions les entreprises peuvent gagner de l'argent en faisant des dons défiscalisés (suivant les tranches d'imposistion ou un truc dans le genre) donc elles ne s'en privent pas. Si ça se trouve ce sont les entreprises qui sont venues voir Pro-Natura plutôt que l'inverse (à vérifier, je serais curieux de savoir la vérité !!).
Bon, voilà, moi je suis à fond pour le biochar, j'aimerais me construire un pyrolyseur pour avoir un procédé peu polluant mais je n'ai pas les outils pour bricoler

, je fais donc ça à l'arrache, en jetant de l'eau sur les braises de mon feu (tailles d'élagage et autres "déchets" du jardin).
Darwin choisira entre ceux qui utilisent le biochar et les autres

. Vive la diversité d'opinion !
L'étiquette aurait voulu que je source mes propos mais là j'ai déjà passé plusieurs heures pour rédiger donc si vous voulez plus d'information, assurez-vous tout d'abord de comprendre l'anglais puis surfez à la recherche du "biochar".
Encore un truc, "biochar" est un terme anglais. En anglais, l'agriculture bio, c'est qualifié "organic" donc pas de confusion possible avec les "biofuels" (biocarburants) ou le "biochar" (charbon "organique"

).