calispera, le 25 February 2010 à 13:20, dit :
Tout à fait d'accord qu'avec des nombres obtenus par statistique on peut leur faire dire ce qu'on veut.
J'ai failli mentionner que ce chiffre pouvait être comparé à la valeur du bonheur évaluée par le PIB. Mais je ne le pensais pas tout à fait. Je pense que probablement l'évolution est plus importante qu'indiquée, mais je pense aussi que les inégalités de salaires restent bel et bien d'actualité dans de nombreux endroits. Il faudrait d'autres chiffres pour se faire une idée, et les chiffres ne suffisent d'ailleurs pas.
Rien que le fait, que tu mentionnes, que pas mal de femmes étudient assez loin, mais sont plus sous-employées que les hommes , crée déjà cette inégalité.
Et j'ignore comment le calcul a été effectué. Je soupçonne tout de même qu'il tient compte des temps partiels et cie, et que donc, par exemple, à salaire horaire, il n'y a pas égalité.
Cela dit, je ne suis pas du tout attachée à ce chiffre. Pour moi, l'idée était de mentionner l'inégalité, et surtout de mentionner le côté anecdotique, où l'on parle d'une réduction d'un écart de salaire, alors que les chiffres mentionnés font sourire tellement la réduction est minuscule.
Bon, peut-être que ce n'était pas très constructif de ma part de me moquer ainsi en dénonçant une nouvelle qui ne veut rien dire.
Coucou Calispera,
je reviens "t'enquiquiner" avec ça, puisque je viens de recevoir le journal du syndicat avec un zouli dossier sur les 23 % d'écart salarial entre femme et homme.
(Syndicats magazine Fgtb - 12 mars 10 n°05 65e année - page 7 : Equal pay day)
je résume pcq j'ai pas trouvé l'article en format web et que ce serait trop long à copier
Premièrement, ils acquiescent le fait que cet écart ne soit pas "visible à l'oeil nu" : Il est rare qu'un homme et qu'une femme de même grade sur un même lieu de travail accusent des différences de salaire, d'ailleurs c'est illégal !
Ils donnent donc l'explication du calcul ... Le calcul est (comme je le craignais) la moyenne du salaire mensuel féminin vs salaire mensuel masculin = 23 % de différence.
Cette différence s'expliquant par :
- Les femmes sont 5 fois plus nombreuses à travailler à temps partiel
- sont plus confinées dans les secteurs mal payés ou encore où la règle est le travail à temps partiel
- ont 3 fois moins de chances d'obtenir une promotion qu'un collègue masculin (moins d'accès aux fonctions dirigeantes et donc mieux payées)
qui c'est qui avait raison
( rem : pour ma part, je trouve qu'en procédant de la sorte, je suis même étonnée que l'écart salarial ne soit QUE de 23 % ... en considérant que tant de femmes travaillent à temps partiel ...)
Je poursuis l'analyse du Syndicat. Il reconnaît qu'évidemment c'est facile de prendre un temps partiel pour s'en plaindre après, mais il veut démontrer que le temps partiel est en majorité du temps subit et non choisi, en donnant les chiffres suivants (raison que donnent les femmes interrogée sur le pourquoi de leur temps partiel) :
24 % sont à tp pour soigner un enfant ou une personne dépendante
36 % pour un motif personnel ou familial
13 % faute d'avoir trouvé un temps plein
10 % par choix
6 % pour compléter un autre emploi, des études ou une prépension
3 % pour raison de santé
1% pcq c'est l'entreprise qui l'a décidé
6% autre motifs
Fort de ces statistiques, ils prétendent donc que seul 10 % des femmes sont à temps partiel par choix. ( 3e ligne) et que donc 90% des femmes sont à temps partiel CONTRE LEUR GRE.
Pas d'accord ! Pour moi, seul 2 réponses révèlent une contrainte : ne pas avoir trouvé de temps plein 13 % / avoir été contraint par l'entreprise 1 % donc pour moi 14 % (grosse différence par rapport au 90 ... non ?)
Certes il y a des contraintes indirectes : choisir de garder ses enfants parce qu'on a pas trouvé de structure adéquate par exemple, mais je doute que les 24 + 36 % , soit 60 % a avoir pris un temps partiel pour raison familliale l'ont toutes fait avec un révolver sur la tempe ... Par ailleurs quand bien même ces temps partiels n'auraient pas été complètement choisi librement, on ne peut pour moi pas amalgamer une contrainte du "au évènements de la vie" (manque de garderie d'enfant / raison de santé / reprise des études) à "une honteuse discrimination des sexes" !!!!
Ils parlent de la crise qui frappe durement (ça on sait...) et que les premiers discriminés sont les plus vulnérables comme les intérimaires ou les temps partiels donc... des femmes.
Certes mais ... je ne pense pas que les intérimaires soient en majorité des femmes ! Et je ne pense pas que ce soient les temps partiels qui soient nécessairement les premiers licenciés ou, en tout cas, pas plus licenciés que les autres ... D'ailleurs tout le monde n'est pas d'accord sur ce point (voir ici c'est un site luxembourgeois mais j'en ai déjà lu d'autre). On constate que les femmes sont moins touchées par la crise pcq étant soit plus diplômées soit travaillant dans des secteurs plus porteurs d'emploi ou moins sujet à la crise (exemple : enseignement /secteur médical) Ciel quelle inégalité, aucun homme n'a encore porté plainte au centre pour l'égalité des chances ?
Je continue dans l'article ... ils annoncent vouloir sensibiliser la gente masculine a ce problème.
Travailler à deux est une sécurité, et gagner tout deux un bon salaire est un plus pour le ménage. Si l'égalité salariale était achevée, les femmes bénéficieraient de 23 % de salaire supplémentaire et imaginez donc les projets que les couples pourraient réaliser, l'argent épargnée, etc etc. (
la campagne de promotion de l'équal pay day joue d'ailleurs sur ce concept : tant que votre femme gagnera 23 % de moins que vous, il faudra "se débrouiller" ... )
J'hallucine sur le non sens de cette affirmation ... Alors que le début de l'article précisait bien la nature du calcul et le fait, qu'à travail égal les femmes et les hommes gagnent la même chose, et que donc ce 23 % ne signifiait en rien que la femme de monsieur gagne moins que son mari (d'un point de vue individuel) ils prennent le contre-sens pour leur campagne de sensibilisation et la suite de l'article ... ?
Ensuite on rappelle dans l'article, que, choix ou pas, les femmes sont rarement conscience que leur temps partiel compromet gravement leur avenir (pension incomplète etc)
Bon et après ? On vous propose de devenir ambassadeur pour l'qual pay day, il FAUT que cet écart scandaleux de 23 % se réduise voyons ...
On fait quoi ? On donne des promotions à toutes les femmes travaillant à temps partiel ? (youpie!) ou on les contraint peut-être à accepter un temps plein ??? C'est vrai quoi, à cause d'elles nos chiffres ne sont pas bon ...................
Tu vois calispera, je suis 100% d'accord pour l'égalité salariale, mais je trouve que cette ambiance de vouloir l'égalité "chiffrée" "statistiquée" à tout prix n'a aucun sens et amène à des confusions dramatiques.
J'aimerais vraiment voir des VRAIS chiffres, par exemple, prenant en compte le salaire calculé en équivalent temps plein ou à l'heure ... On serait peut-être étonnée de voir que les femmes gagnent peut-être même plus que les hommes ... ? Moi je ne serais pas étonnée, du moins dans certains secteurs. Pensons à toutes les diplômées, les infirmières ...
Quand j'aurai des chiffres réels et non corrompu par notre manière politisée de voir les choses alors on pourra en reparler sereinement, mais là, ça m'agace de lire des journaux comme ça, et encore pire de voir des affiches vraiment sans queue ni tête comme celle de la campagne 2010 ...