Siene, le 11 February 2010 à 09:17, dit :
Calispera, si tu penses que les manifestations, pétitions ou autres ne sont pas suffisants, comment expliques tu que les lobbiing petrole, nucléaires, automobile...) arrivent à orienter les décisions des politiques?
Plus j'avance, plus je me dis que les manifs, pétitions et autres pressions citoyennes, ne sont carrément plus adéquates dans la plupart des situations où elles sont utilisées. Donc, ce n'est plus qu'elles ne sont pas suffisantes, elles sont le plus souvent obsolètes.
Si les politiques se laissent influencer par les lobbies, c'est d'un tout autre ordre. Tout d'abord les lobbies ne s'opposent pas aux politiques, donc ne créent pas la résistance de ceux-ci.
Ensuite, beaucoup de dirigeants politiques sont cul et chemise avec les lobbies, tout simplement, par exemple, car ces dirigeants font partie de conseils d'administration d'entreprises représentées par ces lobbies. Pour la Belgique Geoffrey Geuens, de l'université de Liège, avait écrit un livre là-dessus : « Tous pouvoirs confondus » (j'avoue tout, je ne l'ai jamais lu

, mais j'ai lu plusieurs articles sur le sujet
je viens d'en trouver deux par exemple :
http://www.radio-can...sp?numero=55422
http://www.acrimed.o...rticle1065.html).
Quand on regarde un événement comme Davos, on peut se rendre compte que les dirigeants politiques et les représentants de firmes multinationales fonctionnent assez bien ensemble. Ils ont clairement des intérêts communs.
Cela ne concerne pas la classe politique dans son ensemble, mais on serait étonné de voir à quel point c'est répandu. C'est encore bien pire aux Etats-Unis où ce sont carrément les firmes qui paient les campagnes électorales.
Mais je pense que cela commence à changer. De nouveaux partis un peu moins pourris ont vu le jour, et leurs représentants ne sont probablement pas dans ce registre. Et même si les représentants des anciens partis le sont encore, il y a à présent une influence générale vers un peu plus d'éthique. C'est en tout cas ce que j'observe en Belgique, même si je trouve que cela va trop lentement (trop de lois, trop d'administration) et que souvent les dirigeants font preuve d'une naïveté énorme (par exemple, par rapport à la grippe mexicaine, je pense qu'il s'agissait plus de naïveté ou d'obéissance aveugle à l'OMS, que d'influence locale des lobbies pharmaceutiques).
D'autre part je pense que les lobbies ont des modes de fonctionnement plus proches de ceux des publicitaires : la manipulation. Ca marche mieux que les attitudes de rapport de force des citoyens militants.
Et puis enfin, beaucoup de dirigeants politiques arrivent au pouvoir bien plus parce que le pouvoir les a motivés que parce qu'ils ont envie de changer les choses selon les objectifs de leur parti. Plus on arrive haut dans l'échelle moins on a de motifs louables. Le pouvoir corrompt.
Et j'ignore combien parviennent à faire exception à cette règle.
Si je caricature 100% : un politicien ne va tenter d'aller dans la direction des citoyens que parce que ce sont des électeurs, et que c'est le moyen de rester au pouvoir, mais c'est le seul intérêt qu'il a. C'est différent pour chacun, certains sont nettement plus intègres, d'autres ne le sont pas du tout (je pense à un Berlusconi par exemple).
Encore heureux, dans les faits ce n'est pas si pire (enfin pas partout

). Et je pense que pour influencer les politiciens ils faut tout d'abord choisir les plus honnêtes. Ensuite être plutôt du côté des propositions (propositions de lois, création de projets innovant ou alternatifs, demandes de subsides pour des associations alternatives, ….) afin de créer sur le terrain des changements, qui ensuite, pourront plus facilement être portés ou avalisés par les dirigeants.