Agriculture Raisonnée Vs Bio
#1
Posté 28 July 2009 à 10:42
Conscients de la médiocrité des produits vendus en saladerie, certains se lancent dans l'alimentation saine.
Tant mieux, vu que bon nombre de personnes s'alimentent en sandwich et salades à midi, on ne peut que se féliciter de telles initiatives.
Sauf que... je constate que dans les grandes villes (c'est notamment le cas à Paris), le produit prétendument bio (évidemment, ce n'est affiché nulle part, seulement prononcé dans la bouche du vendeur) est en réalité "agriculture raisonnée".
Et quand on questionne le serveur, il vous répond que cela ne concerne que les fruits pour le dessert et quelques légumes en salades.
Desespérant... Mais où sont les contrôles ?
Aussi, pour y voir plus clair, un membre peut-il nous éclairer sur les atouts et faiblesses de l'agriculture raisonnée ?
Avez-vous d'autres exemples en tête ?
#2
Posté 28 July 2009 à 11:04
On sait que c'est moins pire que l'agriculture conventionnelle, mais on sait pas si c'est beaucoup mieux en gros
#3
Posté 01 August 2009 à 03:56
le but de l'agriculture raisonnée est d'essayer de se rendre plus présentable en mettant en avant quelques efforts pour l'environnement,mais pas jusqu'au bio (là faut pas pousser!) et de nous "piquer" les consommateurs qui nous font confiance en les désinformant(genre:"les OGM feront économiser des traitements")
question stratégie de communication sur le citadin moyen bourré de pub TV,ça passe aussi bien que le bio,peut être mieux,même,car en segmentant les efforts ils peuvent se renouveler,alors que nous,on apporte tout d'un coup et c'est toujours la même chose depuis 68,la mode passera,mais la santé et le cancer comme la vérité sont têtus..
#4
Posté 01 August 2009 à 08:04
Voila pour mon maraicher, maintenant ceux qui se disent raisonnés ne sont peut etre pas tous aussi respectueux.
#5
Posté 04 August 2009 à 13:40
on y trouve le référentiel, qui définit les règles et obligations auxquelles se soumettent les agriculteurs raisonnés. on peut y lire des véritables perles :
"n'utiliser que des produits bénéficiant d'une autorisation de mise sur le marché et autorisés pour les usages considérés, en respectant la dose homologuée."
(autrement dit on s'engage à respecter la loi et ne rien faire d'illégal...c'est vachement fort comme engagement!)
on y trouve aussi la liste de ceux qui soutiennent l'agriculture raisonnée:
basf, bayer, dupont de nemours, société des engrais derome, monsanto, uipp....
ok? on a compris?
cela ne veut pas dire que des gens bien intentionnés ne pratiquent pas l'agriculture raisonnée; mais je crois que ces gens bien intentionnés se sont peut-être laissés duper...
#6
Posté 05 August 2009 à 19:15
dire: "on ne passe pas en bio car cela reviendrait trop cher aux clients!" un peu trop facile cette bonne plaisanterie,la vérité est qu'il est bien plus facile d'utiliser les engrais chimiques,en céréaliculture par exemple un "bon" paysan tout seul bien équipé peut fertiliser un centaine d'ha dans la journée,pareil pour les traitements,si vous épandez du compost à par exemple 15t/ha mème bien équipé quand vous aurez suivi une quinzaine d'ha dans la journée,vous aurez bien bossé,on a pas le même ordre de grandeur (de plus le compost faut l'avoir fait avant,autrement c'est beaucoup plus cher...)
même non surdosés les engrais chimiques solubles polluent (mais malheureusement cette pollution est gratuite,autrement ils réfléchiraient plus,il n'y a que ça qui leur "parle")
#7
Posté 20 October 2009 à 17:28
#8
Posté 21 October 2009 à 04:01
#9
Posté 21 October 2009 à 09:09
J'étais tombé une fois sur le prix de la certification (malheureusement je suis infoutue de ressortir le chiffre
Sinon, une question purement technique : j'aurais pensé que comme les engrais naturels sont faciles à trouver (c'est pas les vaches, poules et cochons qui manquent !!!), un agri raisonné aurait plutôt privilégié l'engrais naturel, et gardé les pesticides car c'est difficile de se voir bouffer ses beaux légumes (étant à une AMAP bio, je sais à quoi ressemblent les légumes grignotés par des bebêtes !). Qui sait pourquoi celui-ci fait l'inverse ? Pour rassurer le client sur ce qu'il mange ? Mais quel est l'intérêt de garder les engrais chimiques ? Plus facile à doser ?
#10 Guest_muguet_*
Posté 21 October 2009 à 11:06
à mon avis, il y a également un problème de formation, la majeure partie des formations proposées en agriculture sont des formations à l'agriculture conventionnelle, où l'on apprend donc à cultiver avec des produits chimiques. il n'est pas forcément facile pour ces agriculteurs de remettre en question leur formation et de trouver les moyens et le courage de se former autrement.
enfin, il doit y avoir aussi un peu d'idéologie. déjà, s'ils utilisent ces produits depuis toujours, ils ne doivent pas les considérer comme toxiques, donc ils ne voient aucun intérêt à se compliquer la tâche. par ailleurs, l'engrais est quelque chose que l'on peut mesurer, on sait quelle quantité on en met, à quel moment et à quel endroit. cela a un côté scientifique qui laisse peu de place à l'inconnu: l'agriculteur est rassuré, il sait que chacun de ses plants de tomates a eu telle dose (recommandée sur l'emballage), donc chaque plant a eu "tout ce dont il a besoin" (selon l'emballage...).
les engrais naturels, ça ne s'appuie que sur une expérience faiblement transmise aujourd'hui aux agriculteurs. si on prend des animaux sur un terrain, il n'est écrit nulle part sur le ventre de l'animal qu'il fertilisera telle quantité de terre etc... c'est moins rassurant, et peut être un peu plus aléatoire (selon ce que l'animal a mangé???).
à part ça, je me souviens avoir lu, il y a quatre ou cinq ans, dans un journal "que choisir", une enquête sur les légumes. ils avaient testé les quantités de résidus sur des produits bios, raisonnés et conventionnels. les légumes issus de l'agriculture raisonnée présentaient les mêmes taux de pesticides que les légumes issus de l'agriculture conventionnelle. je crois même me rappeler qu'ils avaient trouvé un pesticide interdit sur les produits raisonnés (et pas sur les conventionnels, d'où peut être l'extrait de la charte de l'agriculture raisonnée cité plus haut, où il était bizarrement question de n'utiliser que des produits autorisés!)! au final, le prix des produits raisonnés était plus élevé que celui des conventionnels.
#11
Posté 21 October 2009 à 17:10
Et quand tu es déjà tout équipé "conventionnel", ne plus l'utiliser et racheter d'autres matériels, ben çà fait ch...Pour déserber bio sans produits, il faut des machines. Pour les carottes c'est un désherbeur vapeur qui dénature les graines indésirables sur 10 cm de profondeur, puis tu sèmes ta carotte. Mais tu bouffes de l'énergie, et les engins ne sont pas donnés.
Les plants et semences sont aussi plus chers. La certification par contre, ce n'est pas son coût qui doit freiner (de mémoire, 400€ pour 2ha de maraîchage)
Pour les engrais, comme vous dites, c'est la formation qui joue pas mal. En conventionnel, on nourrit la plante. En formation bio (que je viens de terminer), on nous apprend à nourrir la terre, donc apport de matière organique pour les microrganismes qui s'en nourirront et rejetterons ce dont la plante à besoin (je résume) et non des éléments chimiques "simples" pour uniquement la plante.
Puis pas mal d'agriculteurs sont liés à leur coopérative, qui fixe la marque et la quantité d'engrais à apporter (idem pour les désherbant et pesticides).En fait, ils ne sont plus que de la main d'oeuvre, ils ne décident plus de ce qui se passe sur leur terre. S'ils n'obtempèrent pas, la récolte ne sera pas reprise si il y a eu problème, ou le prix sera minoré, ou je ne sais quoi d'autre...
C'est bcp de chose à changer, et quand vous êtes criblés d'emprunts dont vous n'arrivez pas à vous défaire, ben ce sont les banques et les coopératives qui décident, pas vous. Et il faut faire bouillir la marmite malgré tout.
#12
Posté 21 October 2009 à 23:27
(sans compter que le bio crée + d'emplois !!!)
Mais pour le reste, matériel, fournisseurs, habitudes, oui, ça a forcément un coût et je veux bien croire que le virage ne soit pas évident pour les conventionnels.
Merci Hector pour les exemples concrets.
Pour muguet à propos des engrais naturels : quand il s'agit de fumier, c'est très simple à produire (suffit de l'acheter à l'élevage voisin) et pas bien compliqué à épandre, il y a des machines pour le faire... C'est pour ça que je suis surprise que les agris conventionnels cités plus haut utilisent quand même des engrais chimiques.
#13
Posté 22 October 2009 à 00:37
Pour la main d'oeuvre, il demande d'abord à ses clients s'ils veulent prendre le temps de venir travailler dans son exploitation (petite : 2,5 hectares) avant d'engager de la main d'oeuvre extérieure.
Pour une journée de travail par mois, il donne un panier de légumes par semaine pendant ce mois-là.
On a donc accès à ses techniques, et on constate que même sans le label, il s'agit bien de techniques de culture sans engrais, ni pesticides, ni rien de tout cela.
#14
Posté 22 October 2009 à 06:03
pour répondre au "yaka",oui,comme dit grenouille,yaka acheter du fumier chez le voisin (si il reste des voisins,avec la crise de tout les paysans vont sacrément s'éclaicir!) et yaka avoir des machines pour l'épandre,c'est donc tout simple finalement,pourquoi donc ils ne le font pas?????
ben parceque ce n'est pas si simple justement,ce serait mieux si le voisin "à vaches" était en bio sinon risques de fongicides sur la paille,d'antibios et surtout d'IVOMEC dans les animaux(même en bio beaucoup en mettent),en plus,il est préférable que le fumier soit "bien" composté et épandu aux bonnes dates et au bon moment,pas grillé au soleil,pas enfoui par un labour profond...etc
quand on rajouté toutes les contraintes,ça en fait,en plus pour l'épandage faut 2 gros tracteurs,voire trois (un qui charge plus 2 qui épandent) pour avoir un chantier efficace,alors que un gros tracteur avec un gros épandeur d'engrais peut fertiliser 100ha dans la journée,le chantier de compost (c'est à dire qu'il ya déja eu un chantier pour faire le tas et un suivi de la fermentation 6 mois avant)avec 3 tracteurs,2 épandeurs et 2 chauffeurs,n'aura fait en bossant "grave"que 10ha dans la journée,aprés faura prévoir un coup de disque dans les terres ou de la pluie sur les prairies.
aprés yapluka........ce qui semble si simple en paroles ne l'est pas tant que ça dans la réalité,c'est peut être ce qui justifie la différence de prix,va savoir?????
#15 Guest_muguet_*
Posté 22 October 2009 à 11:10
#16
Posté 01 November 2009 à 14:07
La culture raisonnée, ça signifie que vous venez de franchir l’étape de la lutte systématique et que vous suivez le programme de lutte intégrée.
En culture raisonnée, vous choisissez les bons produits chimiques de synthèse puis, à les appliquer au meilleur moment, à la dose normale d'utilisation et au bon endroit !
En lutte intégrée, vous appuyez sur les cultures de solides études écologiques, physiologiques et techniques et on vous autorisera les plants OGM et l’emploi du glyphosate C3H8NO5P.
En quelques mots, soit on pratique l’agriculture réglementée bio ; soit on ne la pratique pas !
J’ai délaissé pour quelques temps mes activités en France pour aider à développer la filière bio dans le sud de la Russie, au Nord du Caucase, où je me trouve actuellement.
(Je rentre bientôt, c’était super !)
J’ai été très étonné de constater à quel point les paysans du coin se sont adaptés aux techniques culturales conseillées pour éviter le désherbage.
Eviter l’épandage des fumiers et préférer la fabrication de composts élaborés, cultiver sur buttes, réintroduite les côtières…
Réfléchir à l’horticulture 4 branches et aux cultures simultanées…
Pourquoi en France on cherche à ce point à trouver l’âge du capitaine ?
Se convertir à la bio coûte certes plus mais, pas excessivement plus cher sauf si la réflexion du cultivateur devait avoir un prix ?
Mais encore faut-il faire l’effort de voir plus loin que le bout de son nez.
Cher Hector, je suis heureux pour toi que tu sois diplômé ; c’est la grande aventure qui commence !
Savais-tu conduire pour autant après avoir passé ton permis ou t’a-t-il fallu faire quelques kilomètres au volant de plusieurs voitures ?
#17
Posté 01 November 2009 à 18:03
carpensis95, le 01 November 2009 à 14:07, dit :
Cher Hector, je suis heureux pour toi que tu sois diplômé ; c’est la grande aventure qui commence !
Savais-tu conduire pour autant après avoir passé ton permis ou t’a-t-il fallu faire quelques kilomètres au volant de plusieurs voitures ?
J'ai fait conduite accompagné
En dehors de la comptabilité et de la logique d'entreprise, celui qui a un peu de bon sens, quelques connaissances de bases, le sens de l'observation et de la curiosité, n'a pas besoin de la formation (du moins celle que j'ai passée, assez pauvre ma foi au niveau technique), si ce n'est pour pouvoir obtenir une terre. Et les aides...Je me sentais prêt à me lancer avant ma formation, suaf que je n'avais pas de terre et peu de chance d'en trouver sans l'appui d'un diplôme pour prouver ma capacité professionnelle.
Mais çà y est! La terre est trouvée, et je me prépare tranquillement, je devrais être installé début d'été pour préparer les plantations d'hiver!
Dis-donc, çà a du être un beau voyage Le Caucase! Et qu'elle superbe occasion de se sentir vivant et utile!
#19
Posté 04 November 2009 à 22:52
muguet, le 22 October 2009 à 11:10, dit :
Les engrais "naturels" ont rien de compliqués comme vous le dites, en fait ils coutent moins cher que l'engrais chimique...
Si les agris mettent des engrais chimiques c'est puisqu'il y as pas assez d'engrais "naturel" sur place pour faire evoluer une culture.
Si il y en avais assez le problème serait vite réglé, il y aurai plus du tout d'engrais chimique d'épandu..
Du coup aucun agri ne peut se contenter uniquement de ses fumiers ou lisiers, il lui faut des engrais pour faire l'appoint à ses cultures. Ils ont tous une obligation de résultat.
#20
Posté 05 November 2009 à 04:45
pour la 2°affirmation,c'est vrai à court terme vu que (par choix politique)la mondialisation avec ses exportations à prix "cassé" a démoli les agricultures vivrières et a entassé les ex petits paysans dans les bidonvilles les rendant dépendants de l'aide humanitaire (et du trafic de drogue),cette mondilisation repose sur le commerce international pollueur producteur de CO2 et d'effet de serre,il faut arréter cela et revenir à la consomation de produits locaux pour essayer de sauver la planète...
quand à la 1° affirmation,elle est plus technique,il faut grace aux techniques de l'agriculture de conservation appliquées en bio,arréter de labourer et d'enfouir la matière organique,faire une ou 2 cultures intermédiaires par an destinées à enrichir le sol en humus,bien sur faire des rotations et des cultures en fonction de la flore spontannée indicatrice et utiliser les engrais naturels que l'on a à sa disposition,le tout cumulé fait une agriculture écologiquement intensive qui tient la route sur le long terme,qui est durable et ne pollue pas (par exemple,il faut nourrir le sol pour qu'il nourrisse la plante et non épandre des fientes brutes de volailles sur les céréales au printemps qui ont le même effet qu'un amonitrate,ça ce n'est pas de la vraie bio!)
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