Boucledor, le 21 July 2009 à 11:27, dit :
Je ne sais plus si ce "sentiment" vient de moi ou si je l'ai lu quelque part, mais, sans être prétentieuse, je crois que si les gens réagissent violemment ou par moquerie à nos idées "écolos", c'est qu'ils savent qu'on a raison, et se sentent coupables, car nous avons le courage et la volonté d'agir...
La moquerie n'est rarement un moyen d'attaque, c'est souvent une défense...
Je pense que c'est tout à fait vrai, mais seulement en partie.
Gandhi en parle :
"First they ignore you. Then they laugh at you. Then they fight you. Then you win." Gandhi
en traduisant, ça donne à peu près ca :
“D’abord ils vous ignorent, puis ils rient de vous, puis ils vous combattent, puis vous gagnez”
C'est vrai que la moquerie peut être une défense. Et elle sera de courte durée si on ne donne pas prise. (ne pas se sentir pris en faute ou ne pas monter au créneau - plutôt se contenter de l'ignorer).
Mais une autre défense c'est celle que nous-mêmes pouvons utiliser. Car quand nous avons peur de la moquerie possible, ou lorsqu'elle s'est déjà exprimée, ou même en réponse à d'autres comportements négatifs, c'est nous qui serons sur la défensive. Et en étant sur la défensive, nous nous assurons à coup sûr de rendre notre point de vue imbuvable.
Déjà dans la manière dont nous présentons nos habitudes, nos idées ou notre témoignage, les gens peuvent comprendre qu'on est ou non sur la défensive. Si on l'est, c'est donc déjà perdu d'avance.
Il y a les gens qui ont le don de parler d'écologie et de simplicité volontaire, sans que quiconque ne songe à dire quoi que ce soit de négatif. D'autres (comme moi parfois - moins souvent - mais pas encore rarement), disent les premiers mots, que déjà certaines personnes sont prêts à ricaner, mettre en doute, contredire, faire la leçon, soupirer etc.
Je pense que la différence est dans l'assurance qu'on a à présenter les choses. Quelqu'un de sûr n'est pas péremptoire, cassant. Il "n'affirme" pas. Il ne se justifie pas non plus.
Il témoigne plutôt, propose. Il ne parle pas tant avec conviction qu'avec enthousiasme etc. Et il n'insiste pas non plus.
Je sais que j'ai les deux comportements quand je parle aux gens. Soit l'un soit l'autre. Ca dépend de qui probablement. Mais quand je vois, de suite après, la réaction de la ou des personnes, je peux faire directement un flash back sur ce que je viens de dire. Si j'ai parlé naturellement et avec plaisir, sans trop peser mes mots etc. , en général les gens sont plutôt intéressés, interpellés, et souvent ils en veulent encore, posent des questions, etc.
Si j'ai été un peu trop affirmative, ou à l'inverse un peu embrouillée parce que pas à l'aise; ça ne rate pas, on me rentre dedans
J'ai pris le parti de dire une phrase ou deux et regarder la réaction, et en fonction de celle-ci (enthousiaste ou jugeante, ou encore fuyante), je poursuis ou je passe à autre chose.
Un autre moyen de rendre les gens moqueurs ou contraires, c'est de revenir toujours avec les mêmes sujets. C'est facile d'y arriver, quand on est passionné par ces sujets plus que tout autres. Pour ma part j'apprends de plus en plus souvent à faire l'impasse, surtout, et avant tout avec les proches.
Comme l'a dit sv17 je suis aussi persuadée qu'on n'a pas grand pouvoir sur les autres en leur parlant de nos salades (au sens figuré du terme

). S'ils sont prêts à devenir sensibilisés à une certaine écologie, ils feront leur chemin tout seul, et c'est peut-être eux qui mettront des sujets sur le tapis. S'ils ne sont pas prêts, le pire qu'on puisse faire c'est de leur en parler intentionnellement. Notre influence est bien ailleurs.
Question adaptation sociale avec des comportements plus écolos, j'avoue que je prends en général le parti de ne pas me faire remarquer (dans les groupes), sans pour autant toujours agir comme les autres. En ce qui me concerne, pour les repas par exemple, ce n'est pas tant l'écologie qui fait que je tente de manger autrement, que beaucoup d'intolérances alimentaires. Je tente donc de faire au mieux pour respecter mon régime, sans que quiconque ne le remarque. Il m'arrive même de manger avant d'aller manger ailleurs, question de pas crever la dalle si je ne peux presque rien avaler là-bas.
Pour les boissons par exemple, s'il n'y a pas moyens d'avoir de tisane, (je ne bois que de l'eau tiède), et bien je ne bois pas tout simplement, et me rattrape chez moi.
Si tout le monde bois du vin ou de l'eau froide, et bien je ne dis rien, je me laisse servir un verre d'eau froide que je vide à moitié, et c'est tout.
Je vis les choses beaucoup mieux de la sorte.
Le plus difficile à subir pour moi, c'est lorsque on est en groupe dans un espace fermé, et que quelqu'un commence à fumer. Si on est dans un local non privé, je demande s'il est possible de ne pas fumer (ça n'arrive pratiquement plus depuis que les lois interdisent de fumer dans les restos et lieux publics), mais si on est dans la maison de quelqu'un, et que ce quelqu'un est justement fumeur, là je préfère partir plus tôt si nécessaire, car souvent j'ai des maux de tête en présence de fumée prolongée.
Les fumeurs sont dans l'ensemble plus compréhensifs maintenant qu'auparavant, mais vu qu'il s'agit d'une drogue, dure pour certains, les réactions peuvent être nettement plus farouches.
Je me rappelle, il y a 15-20 ans, avoir demandé à une amie d'aller fumer sur la terrasse quand elle était chez moi, pendant une période où j'avais arrêté de fumer. Et j'avais exprimé ma difficulté face à la cigarette (ceux qui arrêtent on bien plus de mal à supporter la fumée par la suite). Elle n'a pas fait de problème, juste elle m'a dit que je devrais probablement choisir mes amis parmi les non fumeurs.
Je l'ai trouvé culottée à l'époque, mais dans les faits, c'est une réalité. Je côtoie en très grande majorité des gens non fumeurs. Et je remarque que quand je suis dans un groupe, soit la totalité des gens sont non fumeurs, ou alors, il y a juste un fumeur ou deux. Et quand il m'arrive de me trouver dans un groupe avec « des » fumeurs, en fait, ils le sont presque tous.
Je pense que pour l'écologie il y a de ce phénomène aussi. Naturellement, avec le temps, il y a un tri dans nos habitudes et activités qui vont faire qu'on côtoie en général des gens qui nous ressemblent un tant soit peu. Cela peut même parfois concerner aussi le travail et la famille.