Urgence !
#1
Posté 03 September 2008 à 13:04
Pour faire vite, nous avons 3 enfants, dont l'ainée a presque 5 ans. Je m'en occupe activement à la maison. Nous sommes contre le système scolaire classique reflet d'une société de l'individualité, de la compétition et du consumérisme qui génére de la violence et de la frustration chez de nombreux individus (mon mari est enseignant et connait un peu le terrain de l'intérieur). Nous avions projeté de mettre progressivement en place l'instruction en famille. A près mûre réflexion, j'ai accepté de sauter le pas et nous étions en train de commander du matériel Montessori. En même temps, nous ne sommes pas dogmatique et nous avions posé le principe que si un de nos enfants demandait d'aller à l'école nous lui en laisserions la possibilité.
J' organise régulièrement des activités avec les enfants.
Et hier patatras, notre fille aînée (bientôt 5 ans) nous annonce solennelement qu'elle veut aller à l'école avec une maîtresse (autre que maman ou papa) et d'autres enfants. Après l'avoir écouté et questionné, sa volonté semble réelle et sinçère.
Il n'y a pas d'écoles à pédagogie alternative près de chez nous.
Nous pensons que ce souhait tient peut-être du contexte de la rentrée ou bien nous avons manqué une étape par rapport à ses souhaits ou à ses besoins. Toujours est-il que nous avions dit que si un de nos enfants essayait la scolarité ce serait dans les meilleures conditions possibles et notamment en entrant dans le système en début d'année...donc c'est maintenant! voilà pour le caractère urgent.
Nous nous posons beaucoup de questions:
- faut-il vraiment la scolariser ou aller contre son gré?
- Si vous avez des expériences de négociations avec le ou les personnels enseignants, comment s'y prendre? Qu'est-on en droit d'accepter ou de refuser (bonbons, punitions/récompenses, violence entre les enfants???)?
-Avez-vous déjà été confronté à un tel dilemne?
-Si vous avez fait le choix de scolariser vos enfants et que vous avez un avis très défavorable sur le système, comment gérez vous cela?
Nous attendons votre aide au plus vite compte tenu de la situation. Il ne s'agit pas de discuter du bien fondé de l'instruction à la maison ou des insuffisances du système.
merci d'avance
#2
Posté 03 September 2008 à 13:21
En tout cas, bon courage avec cette décision pas évidente à prendre!
#3
Posté 03 September 2008 à 13:32
à chaud je dirai que l'important est ce qui passe, ce qui se vit, et on comprend après si on a eu raison, et parfois un peu tard.
Il y a dans "le système" des enseignants de grande valeur humaine, ceux-là attachent les familles dans cette machine qu'est l'éducation nationale, on est tenté de rester dedans jusqu'à ce que les pressions fassent mal, on réalise alors son état de victime du système.
En ce qui concerne la meilleure réponse à son enfant, j'ai toujours cherché à distinguer la demande d'un vrai besoin, de celle relevant plutôt d'une idée passagère voire de caprice, et là aussi je me suis faite "promenée".
Je vais réfléchir un peu mais je crois ne pas avoir de réponse tranchée, il y a du bon à négocier dans chaque possibilité, et observer l'évolution avec une vigilance maximum, on a toujours la crainte de ne pas percevoir l'indice qui alerte !
Ouvrir dès le départ la porte de sortie..
#4
Posté 03 September 2008 à 18:28
Travaillant dans un domaine proche de l'école, je pense qu'elle reste assez "fermée", c'est à dire que l'on a très peu notre mot à dire sur ce que l'on accepte ou pas. En fait, vu le nombre d'enfant accueilli, ce serait dur de satisfaire tout les parents et leur idéologie, à moins de pouvoir tomber sur une école à pédagogie alternative.
Malheureusement, l'éducation et l'instruction qui seront données au sein de l'établissement dépendront d'abord du programme scolaire décidé par des bureaucrates du gouvernements
Je ne sais pas ce qu'il faut faire concernant votre fille. Peut-être laisser le temps de la rentrée passé puisque ce qui l'attire peut-être s'est de voir d'autres enfants contents de partir à l'école, se faire de nouveaux copains, découvrir de nouveaux jeux, avoir un nouveau sac, des nouvelles affaires... Avec le temps, cette envie partira peut-être.
Mais si ce n'est pas le cas, alors, pourquoi pas essayer, tout en étant conscient, en tant que parent, que les méthodes ne vont sans doute pas vous convenir...
#5
Posté 03 September 2008 à 19:44
Les enfants ont parfois l'envie presque maladive d'être comme les autres. Alors que nous, adultes, nous aimons affirmer notre authenticité et notre liberté.
L'effet "rentrée des classes" est sûrement pour quelque chose dans l'attitude de ta fille. Qui lui en a parlé? Comment connaît-elle l'école, qui lui a expliqué? Veut-elle des nouveaux cahiers, une mallette rose, ou bien des copines? Sait-elle que de très nombreux enfants font leur rentrée des classe à la maison?
#6
Posté 03 September 2008 à 22:58
Citation
Comme elle est très pressée de commencer, nous avons décidé de contacter les différentes écoles de notre coin demain, on la laisse essayer en la soutenant dans son expérience et sauf incident nous ferons le bilan au terme de 2 semaines.
Vos témoignages ou avis sont toujours les bienvenus.
à bientôt
#7
Posté 04 September 2008 à 08:10
Mes enfants vont à l'école parce que nous parlons français à la maison (alors que "dehors" c'est l'allemand, qu'elles apprennent en classe, et surtout le dialecte
Sinon, aucun doute, ce serait l'école à la maison... Y renoncer nous coûte un peu...
#8
Posté 04 September 2008 à 18:43
Le mieux c'est surement d'essayer. Son desir est de voir ce qu'il se passe a l'exterieur, de decouvrir la societe dans son ensemble, de passer quelque part dans une certaine la normalite.
J'ai connu des enfants qui ont reproché a leurs parents de les avoir enferme dans leur univers.
En tant qu' individu nous avons tous besoin de vivre des experiences.
Beaucoup d'entre nous ont vecu une scolarite classique sans pour autant en garder des sequelles.
L'important est surement l'amour des parents et le suivi qu'ils peuvent apporter en ouvrant grand leurs yeux a leurs enfants.
#9
Posté 05 September 2008 à 14:46
Mes raisons sont que même si on peut toujours le retirer du système en cours d'année (croyez-moi, c'est possible : enfant je l'ai fait TOUS les ans ! de la maternelle jusqu'en CM2), il y a de fortes chances que l'enfant ne veuille pas en sortir du tout et qu'il y soit pour au moins 1-2 ans jusqu'à ce qu'il change d'avis (si tant est qu'il change d'avis).
La raison pour laquelle je ne voudrais pas qu'un de mes enfants aillent à l'école est que je trouve que l'école "gâche" les enfants, sans qu'on ne s'en rende compte tout de suite. Attention, je ne dis pas que tous les enfants qui sont à l'école deviennent des enfants insensibles/méchants/non adorables/autre, je dis que l'école rajoute dans leur psychisme certaines structures qui n'ont pas lieu d'être là - sans ces structures, ils se porteraient très bien. L'école peut également être très formateur, mais mon choix est de ne pas les confronter à cela.
Aussi, chaque enfant est différent : pour certain le besoin de contact avec une masse d'autres enfants ou le besoin de retrait du cocon familiale prédomine sur les inconvénient du système.
Partie longue sur ma façon de voir les choses :
Les enfants se font souvent brutaliser (verbalement ou physiquement, au fond c'est exactement la même chose, ça créé une angoisse à l'école).
L'enfant peut réagir de deux façons aux yeux des parents : 1- en parler, le faire savoir, ne pas vouloir y retourner sous aucun prétexte (c'est la bonne option!) ou 2- le cacher, en avoir honte, prendre sur soi, ensuite soit l'enfant ne veut pas y retourner mais ne dit pas spécialement pourquoi, soit l'enfant continue d'y retourner, par réflexe et parce qu'il a un certain espoir de se faire reconnaître par des enfants normaux (occultant par moment les agressions quelconques, parce que ça n'arrive pas tous les jours non plus).
Ensuite, même si l'enfant ne se fait pas brutaliser directement, il en est confronté tous les jours indirectement. Au pire, il se peut que l'enfant devienne ami avec une des grosses brutes de la classe et que progressivement l'enfant recopie les structures de cet autre enfant (imaginer votre enfant agir par méchanceté gratuite!)
Mise à part ces brutalisations, les enfants sont confrontés quotidiennement à des débilités (méchanceté gratuite, mode de pensée unique, critiques d'idées divergentes "par défaut", moqueries stupides). Et que d'être confrontés à ça tous les jours, d'avoir ça comme référence de masse fait qu'ils y voient la norme. Et pour moi, ça ne doit pas être la norme.
Je sais que je suis partie un peu hors sujet... l'idée n'était pas de rassembler des critiques du système, mais ce sont les raisons qui me pousseraient à ne pas céder à cette envie.
Ce que je ferais, c'est que je profiterai de cet engouement pour commencer l'école comme elle le veut, mais à notre manière : lui acheter des cahiers, des stylos, feutres, livres, etc. et commencer sérieusement l'apprentissage de la lecture, les activités "studieuses".
Prendre plus de temps libre pour faire des sorties pédagogiques (musée d'histoire naturelle où on verrait dinosaures et autres, zoo, enfin, ce sont les centres d'intérêt de mon ainé).
Dans notre maison, l'école n'est tout simplement pas une option pour nos enfants (de la même manière que l'école militaire ou le pensionnat ne sont pas des options pour la plupart des familles).
Donc je ne sais pas si un jour ils pourraient demander d'y aller (l'aîné de 5 ans demande d'apprendre à lire, mais pas d'aller à l'école).
Encore une fois, je suis peut-être un peu trop catégorique sur le sujet.
Si c'est le côté social qui lui plaît... euh, je n'ai pas de solution immédiate, mais si vous avez une vrai détermination et du temps à y consacrer, je connaissais une mère de 4 enfants qui a scolarisé à domicile ses 4 enfants + des enfants de parents qu'elle connaissait. Elle avait comme ça une classe d'une dizaine d'élèves de tous niveaux. Etant donné que les cours se passaient chez elle et qu'elle en était l'institutrice, les mentalités étaient forgées par elle et non pas par la masse d'enfants qui se retrouvent à l'école. Mais ça ressemblait déjà plus à une vrai classe qu'à l'école à la maison.
-----
J'ai rédigé toute cette réponse sans lire les réponses des autres, pour vous donner mon avis propre.
Après lecture des autres réponses, j'adhère beaucoup à tout ce que dis Viou, surtout ceci : "En tant que parents, on est obligé de poser des choix, les meilleurs possibles, concernant nos enfants. Mais on le fait en suivant NOS convictions, qui ne seront peut-être pas les leur, plus tard?"
En effet, nos choix ne sont que des choix parmi TANT d'autres, il n'y a aucune vérité absolue. Je peux partir longtemps sur ce sujet (c'était mon sujet au bac philo...), mais je m'arrêterai là.
Gina
#10
Posté 05 September 2008 à 17:50
#11
Posté 05 September 2008 à 21:09
Après visites des différentes ecoles du coin ( 3 ), nous avons le choix entre une publique où il y a 26 enfants en grandes sections, et une privée où il y a 3 enfants en grandes sections qui sont mélangés avec les plus petits, voilà pour la principale différence !!! Pour le moment on penche plus pour la privée...à suivre
#12
Posté 06 September 2008 à 09:10
C'est vrai que si on inscrit son enfant à l'école, selon son désir à lui, en se disant : "je l'en retire dès que je remarque que quelque chose cloche"... ça doit être bien difficile, justement, de VOIR ce qui cloche. Est-ce que ce sera à la première remarque désobligeante qu'il recevra? à la première bagarre entre gosses? ... surtout s'il ne s'en plaint pas, comme tu dis! Ou alors est-ce que ce sera lorsqu'il se plaindra pour la première fois (qui risque de ne pas arriver, ou qu'on risque de ne pas laisser poindre)?
C'est vrai que la limite entre ce qu'on accepte ou non de ce qui a lieu l'école n'est pas vraiment claire. Ce serait peut-être intéressant de créer une discussion là autour avec son enfant (mais à cet âge est-ce possible?).
#13
Posté 07 September 2008 à 22:21
GINA : "Les enfants se font souvent brutaliser (verbalement ou physiquement, au fond c'est exactement la même chose, ça créé une angoisse à l'école).
L'enfant peut réagir de deux façons aux yeux des parents : 1- en parler, le faire savoir, ne pas vouloir y retourner sous aucun prétexte (c'est la bonne option!) ou 2- le cacher, en avoir honte, prendre sur soi, ensuite soit l'enfant ne veut pas y retourner mais ne dit pas spécialement pourquoi, soit l'enfant continue d'y retourner, par réflexe et parce qu'il a un certain espoir de se faire reconnaître par des enfants normaux (occultant par moment les agressions quelconques, parce que ça n'arrive pas tous les jours non plus).
Ensuite, même si l'enfant ne se fait pas brutaliser directement, il en est confronté tous les jours indirectement. Au pire, il se peut que l'enfant devienne ami avec une des grosses brutes de la classe et que progressivement l'enfant recopie les structures de cet autre enfant (imaginer votre enfant agir par méchanceté gratuite!)"
Il est clair qu'à partir du moment où notre enfant se trouve en communauté (quelle qu'elle soit), on prend le risque qu'il lui arrive quelque chose. Ce qui fait peur dans cette situation, c'est qu'on ne peut pas tout contrôler. Il est livré à lui-même et c'est un peu, voir beaucoup flippant. Ceci dit, pour qu'il se construise, il a besoin, à mon avis, d'affronter le monde en êtant libéré de l'étreinte parentale. Imaginons un ado de 15 ans qui, ayant eu des parents tellement protecteurs, se retrouvent pour la première fois seul à affronter la jungle humaine. Soit il se retrouve perdu et ne s'est pas se débrouiller, soit il se dit : enfin seul, maintenant je m'éclate et je m'en fous de tout. Bref, c'est pas très enviable. Bien sûr, ce n'est pas une généralité et on trouvera toujours des enfants qui dans la même situation, s'en sortiront admirablement. Mais je pense que c'est plus difficile d'échapper à des situations pareilles, si on a réussi à le laisser libre avant avec d'autres enfants.
GINA : "Mise à part ces brutalisations, les enfants sont confrontés quotidiennement à des débilités (méchanceté gratuite, mode de pensée unique, critiques d'idées divergentes "par défaut", moqueries stupides). Et que d'être confrontés à ça tous les jours, d'avoir ça comme référence de masse fait qu'ils y voient la norme. Et pour moi, ça ne doit pas être la norme.
"
En même temps, faut bien qu'ils se rendent compte dans quel monde ils vivent. Quel choc cela leur fera s'il n'y sont confrontés qu'à l'âge adulte.
Nous sommes des fruits de l'école, de la religion et de l'éducation parentale. Je ne sais pas si vous êtes allés à l'école ou pas. Mais personnellement j'ai suivi une scolarité classique et pourtant je ne suis pas d'accord avec le système dans lequel on est et j'essaie d'avoir un avis réfléchi sur beaucoup de choses sans me laisser influencer par le dogme de la pensée unique. Je dois dire que j'arrive bien à me démarquer de cette pensée unique. Je pense que vous êtes nombreux dans le même cas à être sur ce forum (une scolarité classique et un avis qui sort du dogme), ce qui constittue pour moi une preuve que l'on peut aller à l'école et savoir plus tard réfléchir par soi-même et ne pas agir comme la société nous l'impose. Tout dépend de l'éducation que l'on a reçu de nos parents ou d'autres choses que les parents ne peuvent pas contrôler.
Si je prends mon cas, ce n'est pas grâce à l'éducation que j'ai reçu de mes parents que je me suis affranchi du dogme de la pensée unique. Mais c'est grâce à ce système scolaire tant critiqué justement. De toute ma scolarité (jusqu'à bac + 2), je me suis intégré que dans deux classes (la 5ème et la 1ère). Tout le reste du temps, je n'étais pas la tête de turc mais je ne faisais aucun effort pour m'intégrer car j'ai toujours trouvé l'effet groupe très con. Si on prend un mec que l'on trouve très con dans un groupe, il y a des chances qu'il soit plus intéressant qu'on ne le pense séparé des autres. Bref, le fait d'être à l'écart des autres m'a permis de développer un esprit critique envers eux et envers les cours que je prenais. C'est comme ça que je me suis mis à haïr le commerce car après tout, si autant de cons avaient opté pour cette matière, c'est qu'elle ne devait pas être très interessante.
Mon entourage (autre que famille) m'a aussi apporté beaucoup de choses pour développer cet esprit critique. Et au final, je suis complètement différent de mes parents et de ce qu'ils auraient voulu que je sois.
Bref tout ça pour dire que l'on ne peut pas tout contrôler sur l'éducation que notre enfant recevra. Une grande part de chance ou de malchance intervient et quoi qu'on fasse, on ne peut pas l'empêcher.
Alors si je dois répondre à Pourunmondemeilleur, je dirais que si ton enfant veut aller à l'école, alors laisse là y aller. C'est à toi ensuite de faire en sorte que les mauvaises choses de l'école n'ait pas (dans la mesure du possible) d'influence négative sur son évolution. C'est marcher sur des oeufs mais ça me parait moins dangereux que d'essayer de tout contrôler.
#14
Posté 08 September 2008 à 08:02
Ton commentaire rejoint les principales critiques que l'on peut lire ou entendre sur les parents qui font le choix de ne pas mettre leur enfant à l'école... Critiques qui montre à mon sens des a priori. L'enseignement "à la maison" (j'ai plutôt envie de dire "pas à l'école") prépare à mon sens beaucoup mieux les enfants à la réalité du monde que l'école (notamment parcequ'à l'école les enfants ne sont qu'entre eux... ce n'est pas la réalité du monde). A condition bien entendu que l'enseignement ne soit pas exclusivement fait par maman et tout le temps "à la maison". Mais cela la plupart de ceux qui pratiquent l'enseignement à la maison le savent bien, ils savent notamment qu'il ne faut pas "couper du monde" leur enfant et les activités extrascolaire (enfinextraécolemaison) sont en général nombreuses.
Lire par exemple les témoignages de ce forum http://www.eco-bio.i...hp?showforum=62
Citation
Ben... c'est un peu ce que tous les ados (enfin de 15 à 20 ans) scolarisés avec parents hyperprotecteurs vivent aussi non ?
Il ne faut pas croire que les enfants qui font l'école à la maison sont enfermés dans leur tour d'ivoire pendant 15 ans hein
Par contre je suis d'accord si l'enfant demande à aller à l'école, il faut sans doute l'écouter quitte a changer d'avis plus tard.
#15
Posté 08 September 2008 à 11:04
Si l'enseignement n'est pas exclusivement fait par maman et qu'il n'est pas toujours fait à la maison, cela demande une organisation certaine. Sans compter le fait qu'il y a intérêt qu'un des deux parents ne travaille pas sinon, boum ça tombe à l'eau (mais ça je suppose que c'est un choix).
Ben... c'est un peu ce que tous les ados (enfin de 15 à 20 ans) scolarisés avec parents hyperprotecteurs vivent aussi non ?
Oui, mais dans un degré moindre je pense.
Je n'ai pas d'à priori sur le fait de ne pas scolariser son enfant, je réagis juste aux propos de Gina qui sont énormément axé sur le manque de contrôle de ce que pourra subir notre enfant une fois séparé de nous.
#16
Posté 08 September 2008 à 11:32
revolte, le 8 Sep 2008, 12:04, dit :
Si l'enseignement n'est pas exclusivement fait par maman et qu'il n'est pas toujours fait à la maison, cela demande une organisation certaine. Sans compter le fait qu'il y a intérêt qu'un des deux parents ne travaille pas sinon, boum ça tombe à l'eau (mais ça je suppose que c'est un choix).
Oui
Les enfants non scolarisés fréquentent en général d'autres enfants (de leur âge plus vieux et plus jeunes) mais pas à l'école
A l'école j'avais quasi pas de copains, mes copains c'étaient après l'école dans la cour en bas des immeubles, le Week-end, les vacances et les activités sportives
"Oui, mais dans un degré moindre je pense."
Ben j'en suis pas si sûre
#17
Posté 08 September 2008 à 13:31
#18
Posté 08 September 2008 à 14:38
Pour me situer : j'ai suivi une scolarité - j'allais dire normale jusqu'à un certain moment mais en fait elle n'a jamais été très normale : quasiment pas de maternelle, ensuite chaque année commençait en france ou aux USA et terminait dans l'autre pays du CP aux CM2, ensuite collège entièrement en france ensuite lycée à domicile comme bon me semblait. J'ai 22 ans maintenant, bas S spé math mention bien.
Pour ce qui est de l'ado de 15 ans "enfin libre", dans le système éducatif ce n'est pas nécessaire d'attendre 15 ans ou d'attendre quoique ce soit pour qu'il "dévit du droit chemin". En compagnie de ses camarades, on peut notemment apprendre à fumer ou à boire de l'alcool (ça n'a jamais été mon cas, mais le cas de nombreux ados que j'ai vu). D'ailleurs, dans ce milieu, c'est considéré comme cool et on est le looseur si on ne fume pas. Dans la classe de troisième (sans parler du lycée, mais je n'y ai pas été) je pouvais compter 1/10 des élèves fumeurs réguliers et j'étais dans un college de bon niveau (pas de seconde zone comme on peut le voir dans les infos parfois) et bien plusieurs de fumeurs de "shit".
Aussi, je pense qu'on ne peut pas résumer la situation à "soit il ne sait pas se débrouiller soit il se fout de tout", il y a des enfants qui sortent très très bien de la vie de famille sans avoir mis les pieds à l'école. J'en connais pleins.
Alors qu'en revanche les enfants éduqués à la maison (par choix) apprennent les valeurs de la vie de leurs parents et beaucoup moins de la société. On le voit ici, dans ce forum : les parents concernés par l'environnement, la santé, la recherche d'une alimentation saine le sont également par la scolarisation à domicile. Ces valeurs sont des bases (en rien nécessaires, mais qui aident et donnent l'exemple) pour mener une vie saine.
Aussi, il ne faut pas regarder l'école à la maison comme les parents qui restreignent les enfants à rester chez eux, presque séquestrés. Il y a probablement des cas réels de cette caricature, mais ce n'est pas la norme.
Je connais par exemple un enfant et sa mère, les deux voyagent déjà plutôt souvent, mais en plus, il est permis à l'enfant d'aller où bon lui semble quand bon lui semble. En général, ce qui se passe c'est qu'il reste chez des amis familiaux pendant 1-2 mois puis il rentre, il va dans de la famille proche, etc.
Il ne faut pas penser que les parent scolarisant à domicile sont de parents hyper protecteurs, c'est une généralisation que je ne peux pas considérer (ne serait-ce qu'avec l'exemple plus haut).
Les parents qui ne mettent pas leurs enfants à l'école ne le font pas pour les surprotéger du monde extérieur. Déjà, ma vision des choses est que l'école n'est pas le monde extérieur. Enfermer un nombre si important d'enfant sur une zone géographique si petite et ce 250 jours par an... ce n'est pas là la réalité du monde.
Ce que je propose est de plutôt sélectionner le monde auxquel on l'expose. Et je trouve que l'école est le monde le pire auquel on pourrait l'exposer, ça condense en un les rapports sociaux (souvent très difficiles dans ce milieu) et l'apprentissage - recette on ne peut plus simple pour créer un amalgame et griller la joie de l'apprentissage. Je préfère déjà séparer les deux.
Quote révolte :"Quel choc cela leur fera s'il n'y sont confrontés qu'à l'âge adulte. "
=> Je ne peux pas témoigner personnellement, mais oui, dans l'article où figure Eric, Maud Fontenoy qui n'avait pas mis les pieds à l'école avant la terminale, raconte que ce fut un choc. Mais je me demande si le vrai monde est autant un choc que l'école... Visiblement pas, parce que Maud Fontenoy a beaucoup voyagé, elle a sans doute rencontré du monde dans de nombreux pays et pourtant, ce fut le lycée le choc pour elle...
Gina
#19
Posté 08 September 2008 à 14:50
Citation
tiens bonne question
Il y en avait sur onpeutlefaire je crois me souvenir.
Sinon ici il y a plusieurs témoignages http://www.lesenfant...temoignages.php
par exemple
Citation
Chaque année je l'emmenais visiter des écoles (en particulier des écoles steiner) et lui demandais si elle voulait y aller : elle était horrifiée, en particulier par le NOMBRE d'enfants dans une classe. Et je la comprends. C'est elle qui choisissait sa vie.
J'aurais aimé qu'elle reprenne le scolaire classique en première et terminale, mais elle a tenu à y aller en seconde, car elle voulait être dans une classe oû il y aurait de nombreux nouveaux comme elle, un début de cycle. Elle ne voulait pas aller en classe pour apprendre (elle apprenait tellement plus agréablement et tellement plus profondément à la maison) mais pour voir ce qu'était une ambiance de groupe, de bande, et non pour avoir des amies (comme le voudraient les clichés), car elle avait déjà des amies à la maison, de par ses activités et nos relations.
Au début, à l'école, des problèmes vestimentaires (car elle ne s'habillait pas avec des marques, ne mettait pas de vêtements différents chaque jour), mais surtout des problèmes de rapidité dans le travail scolaire, car elle avait l'habitude de travailler à son rythme - il lui a fallu un an pour aller aussi vite que les autres.
Autre problème, tant de temps accaparé désormais par le travail scolaire qu'elle me dit : " maman, je n'ai plus le temps de réfléchir à ma vie, de penser aux différents sujets qui s'offrent à moi, et quand le travail scolaire est terminé, j'ai une telle fatigue mentale que je préfère les émissions débiles aux livres philosophiques : j'ai l'impression que ma tête se ferme. Cela me rappelle un roman de Ray Bradbury, une fille qui se fait renvoyer de l'école parce qu'elle a une fâcheuse tendance à demander plus souvent pourquoi que comment... On nous pose tellement de problèmes précis, on nous demande de vivre au jour le jour, sans nous laisser le temps de prendre du recul et de se demander où on va... "
Cette année elle fait la première S, ce trimestre dernier sa moyenne en maths était de... 19,5/20, sa moyenne en physique de 15,8/20, en fait elle passe son temps à aider les autres enfants qui ne comprennent pas grand chose aux cours, elle est première quasiment dans toutes les matières, et réussit - le plus difficile - à être, malgré ses performances et malgré son intérêt pour le scolaire, bien vue des élèves et parfaitement intégrée.
CONCLUSION : Ne vous laissez jamais baratiner par ceux qui vous disent que votre enfant sera un inadapté social, c'est faux. Sur le plan de la sociabilité un enfant scolarisé à la maison est PLUS SOCIABLE qu'un enfant de l'école parce qu'il est capable de " relationner " avec des gens de tous âges, il communique avec plaisir avec des bébés ou des enfants plus jeunes ou plus vieux que lui, et il peut considérer un vieillard comme son meilleur ami, à l'opposé de l'enfant scolarisé qui ne se sent capable de parler qu'avec quelqu'un de son âge : et pour ce pauvre " handicapé de la relation " toute personne plus jeune ou plus vieille est par définition étrange, étrangère et un peu effrayante. J'ai adoré ces années avec mon enfant, on en a profité à fond, et vraiment je vous invite tous à ce bonheur de vivre réellement avec les enfants que vous avez appelés au monde.
-O.T. , Bulletin de Les Enfants d'Abord, juin 2001
P.S. Ma fille vient d'avoir son bac avec mention bien en maths.
#20
Posté 08 September 2008 à 15:24
revolte, le 8 Sep 2008, 13:04, dit :
PS : j'ai spécialement parlé du côté social entre enfants parce que j'ai l'impression que trop souvent on critique l'école dans le simple système éducatif (formes diverses de punition, compétitivité, contrôles, maîtresse menaçante, etc.) en négligeant trop ce que ça implique au niveau relationnel. Je n'ai en rien peur de laisser mes enfants à des gens que je connais et m'en aller - je le fais tout le temps d'ailleurs. Je ne pense pas être un parent sur-protecteur. Mais je ne les mettrai pas à l'école...
Gina
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