Et non!.. Je ne suis pas vigneron. Ni dans le saintpourçinois, ni ailleurs.
C'est vrai que, quand j'ai vendu ma librairie, c'était l'objectif. Avec formation à Beaune à la clef. Mais la vie en a voulu autrement (sans entrer dans les détails), à mon grand regret. Je me contente donc de vendre le vin des autres... Si tu veux en savoir plus, tu vas sur mon profil.
Concernant ta question, il y a plusieurs niveaux de réponses.
De manière générale, ce sont effectivement des levures (ce sont des champignons) qui pour vivre et se développer consomment le sucre contenu dans le jus de raisin et rejettent de l'alcool (et du CO² + dégagement de chaleur). Et pour être plus précis, ce sont trois types de levures qui vont se relayer. Arrivées aux environs de 14°d'alcool, gavées de sucres et inhibées par le milieu alcoolique, elle meurent. La fermentation alcoolique est donc terminée. Ça tombe bien, en général, il n'y a plus de sucre à transformer car le vigneron a récolté son raisin entre 12 et 14° potentiel. Quand c'est un bon vigneron et que la météo le lui permet. Et pour ne parler que des "vins secs".
Voilà pour le mécanisme.
Ensuite, il faut savoir que ces levures sont présentes dans notre milieu naturel. Sur la pruine du raisin, sur les murs du chais ou sur le pressoir... C'est ce qu'on appelle les levures "indigènes". Théoriquement, et souvent pratiquement, si on ne fait rien, un fois le raisin ou le jus raisin en cuve, elle vont intervenir toutes seules et commencer leur travail. Mais ça va prendre plus ou moins de temps avant qu'elles ne commencent et la fermentation peut ne pas être régulière ( c.à.d. arrêt et reprise de façon assez aléatoire de la fermentation). Bref, on ne peut pas contrôler complètement ce processus. Donc il y a des risques de voir le vin/jus de raisin se transformer en vinaigre, à cause de la bactérie acétique. Mais d'un autre coté, chaque "lieu" a "ses" levures. Et elles donnent des caractéristiques olfactives propres au vin qu'elles vont "faire". Qui peuvent ne pas être les mêmes d'une année sur l'autre. Ce qui, à mon sens, est un intérêt pour l'amateur de vin... Mais c'est un autre débat.
Pour pallier aux risques, on peut "protéger" la vendange avec du SO² (pas trop non plus, les levures elles n'aiment pas ça!). Bon, encore un autre débat... Ou bien ensemencer la (les) cuve(s) avec des levures exogènes (qui ne sont pas du coin) qui ont été sélectionnées ici ou la, en France ou ailleurs, séchées et qui au contact d'un liquide, vont reprendre vie.
Si elles ont été sélectionnées, c'est parce qu'elles ont certaines "qualités".
Par exemple, elles ne vont pas s'arrêter de travailler toutes les cinq minutes (pour la pause cigarette/syndicale, comme les "indigènes"

). Ou alors, elle vont développer certains arômes qu'un vigneron a envie d'avoir dans son vin de manière constante d'une année sur l'autre (fraise, acacias...), mais avec quelques fois des dérives inattendues (bananes).
Donc avec ces levures, le processus de la fermentation alcoolique est maitrisé (je schématise, hein...).
La contrepartie, c'est que la plupart du temps, elles sont plus "fortes" que les levures indigènes. Elles finissent donc par les remplacer (dans le chais) et on se retrouve donc, à terme, avec une certaine standardisation des vins (ce n'est qu'un des paramètres, hein!). Ce que recherchent certains vignerons/industriels...
Et puis, il y a aussi les levures OGM... No comment!
Pour terminer, le point de vu "légal".
En conventionnel, tout est autorisé, bien sûr... Même les OGM.
En bio, la charte FNIVAB permet l'utilisation de levures sèches-sélectionnées-exogènes (rayer la mention inutile), mais (encore heureux) pas les levures OGM. Attention, autoriser ne veut pas dire que tous les vignerons les utilisent. Au contraire, beaucoup de vignerons bios n'achètent pas leurs levures.
En biodynamie, la charte Demeter les autorise, mais de manière très restrictive. De toutes façon, 99,99% des vignerons en bio-d ne les utilisent pas.
Quant aux "bidons suspects" que tu as pu apercevoir au moment des vendanges, je penche plutôt pour du SO². Les levures exogènes sont vendues en sachet.
Pas trop rébarbatif?.. Et suffisamment clair?
Bon, j'ai essayé d'être accessible et synthétique. C'est sûr que si un vigneron passe par là, il trouvera des choses à redire. Et je ne parle même pas d'un œnologue...