Pour Une école De La Différence Et Non De L'indifférence<img Alt="" Src="chrome://easygestures/skin/xlink.png" Style="border: 0px None ; Margin: 0px;
#1
Posté 20 May 2008 à 11:11
Ne me jetez pas la pierre, je fais, comme vous, le plus beau métier du monde. Et pourtant, ce n'est pas sans douleur. Parents et enfants ne se reconnaissent plus dans l'école...certains profs non plus... Je ne sais plus quelle collègue a écrit un livre qui s'intitule : "Je suis comme une truie qui doute" : tout est dit.
Chaque enfant est unique, par lui_même, pour sa famille, et pour moi mais pour l'état, il n'y a qu'une entité "les élèves". Je pratique en français, au collège, la pédagogie différenciée à chaque fois que possible : 3 ou 4 questionnaires d'analyses différents pour un même texte, des exercices de niveaux différents pour tel point de grammaire, des projets valorisant la compréhension ou la production différemment... mais rien qui ne change vraiment la "philosophie" de l'école. De plus, ma bonne volonté s'épuise devant le surcroit de travail.
Bien sûr, je ne fais que 20H, mais maintenant que nous sommes collègues, vous avez découvert qu'il faut du temps pour préparer, découvrir les textes qui captiveront, l'activité qui déduira, tout en cherchant à construire des savoirs , des compétences. Et je ne parle pas des sacro saintes "copies" . Et si , tant mieux, parlons-en : on se plaint des copies mais on fait tout pour se les rendre ennuyeuses : un même sujet de rédaction "bateau"ne peut engendrer que 30 copies identiques et fades! C'est l'enfer à corriger mais comme on fait son lit... en fait on se couche tard. Mais essayez de proposer des sujets différents et les élèves comme leurs parents s'indignent au nom de l'égalité. Ah, les notes!!!
Je finirai , si cela vous intéresse d'en discuter, naturellement, un peu plus tard car je dois aller chercher mon fils à l'école car je lui évite la cantine, qui n'est pas bio, autant que faire se peut. Et pour ceux qui se demandent ce que fait une prof à la maison à cette heure : je me suis luxé le pouce de la main droite (ça ne s'invente pas!). A force de se tourner les pouces...
#2 Guest_MissTrixie_*
#3
Posté 20 May 2008 à 20:21
MissTrixie, le 20 May 2008, 15:05, dit :
Bonsoir Miss Trixie, alors? sur les bancs de l'IUFM? j'espère que ta formation est plus intéressante que ne l'a été la mienne... Non, je ne suis pas amère, on a de toute façon toute la vie pour se former, et si on n'est pas un prof émérite en début de carrière, on peut se dire que notre enthousiasme et notre bonne volonté ( voire notre disponibilité) compensent. Enfin, il serait peut être temps que je devienne performante après 13 ans de bons et loyaux services!
#4
Posté 20 May 2008 à 23:03
Une mission à accomplir, mais pas les moyens de la réaliser, et tout le monde qui hurle parce qu'on n'accomplit pas cette mission. En anglais, on n'a plus que 3 heures /semaine en 2°, et 2 heures dans pratiquement toutes les filières à partir de la première (même en TL !). Sans parler des classes à 35. Ce qui fait qu'un prof plein-temps a entre 150 et 160 élèves à gérer ... 6 ou 7 classes. Alors les suivis individualisés, l'accent qui est mis sur l'oral, ça me fait bien rire ...
De beaux discours, et pas de moyens derrière, avec une dévalorisation constante.
Hier, je faisais cours aux Terminales : cerains élèves ne prennent plus de notes, certains ont 20 ans ou plus. Quand je leur ai dit 3 fois de prendre des notes, j'abandonne : je me dis que si à cet âge-là ils n'ont pas compris les enjeux, je ne vois pas ce que je peux faire ... D'autres (ou les mêmes) discutent, mais quand je dis discutent, ce n'est pas chuchoter : c'est parler !! On se demande si on ne va pas les déranger en faisant cours. Dans cette même classe, lorsque je donne du travail à faire à la maison, plus personne ne le fait.
En lisant ces lignes, on peut se dire : ah , mais elle ne sait pas se faire respecter. Seulement, j'en discute avec mes collègues : ils disent quasi-tous la même chose. Alors personne ne sait se faire respecter ... Ou alors c'est l'institution qui ne nous permet plus d'être respectés.
Bien sûr, il y a encore heureusement les classes ou les élèves qui suivent ou avec qui les cours restent agréables. Mais globalement, le tout ne fait plus de sens. Des ordres qui viennent du haut, dictées par des personnes qui n'ont aucun sens des réalités sur le terrain, et des élèves pour beaucoup d'entre eux totalement démotivés. Beaucoup n'ont pas envie d'être là, de toutes façons.
J'ai décidé de quitter l'Education Nationale. Pourtant, il y a 10 ans, lorsque j'ai débuté ma carrière, j'étais pleine d'enthousiasme et d'idées. Mais les idées nouvelles sont vite freinées par les réalités (comment faire qq ch qui sorte un peu des rails lorsqu'on a tous ces élèves à gérer, un programme à faire en 2 heures par semaine, et des élèves qui arrivent avec des lacunes énormes ?????). Et puis je ne supporte plus cette institution complètement rigide, avec les élèves comme avec les professeurs.
D'ailleurs, je ne sais pas non plus pendant encore combien de temps je pourrai y laisser mes enfants. Le système est tellement détraqué et appauvri ! Je le vois se dégrader d'années en années ... ça fait mal au coeur, quand on est à l'intérieur, et que l'on côtoie tous ces collègues qui ont tant de bonne volonté.
Alors voilà, je jette l'éponge. J'espère très prochainement pouvoir continuer ma vie professionnelle dans une autre voie, qui me permettra d'être moi-même !
#5 Guest_MissTrixie_*
Posté 21 May 2008 à 08:18
#6
Posté 21 May 2008 à 09:32
Alter, le 21 May 2008, 00:03, dit :
Moi j'ai bien aimé l'anglais au lycée, enfin en seconde et terminale parce qu'on avait une super prof(j'aimai bien l'anglais de toute façon mais j'ai pas accroché du tout avec la prof de premiere). Pareillement, j'avai bien aimé les cours de lettres de première(alors que ça ne m'intéressai pas autrement) parce que le gars était intéressant.
Donc je pense qu'en tant que professeur ça vaut le coup de faire de son ieu pour donner vie à ce que l'on enseigne, il peut en rester quelque chose longtemps
#7
Posté 21 May 2008 à 09:52
moimaime, le 21 May 2008, 11:32, dit :
Si ce n'est pas trop indiscret : en quelle année est-ce que c'était ? Ces dernières années, le système s'est considérablement dégradé, les heures devant chaque groupe élèves se réduisent comme peau de chagrin. Par ex, combien d'heures d'anglais avais-tu par semaine ? Dès qu'on arrive à 4 heures, on peut vraiment faire des choses intéressantes avec les élèves. Avec 2 heures, tout document dure des semaines et des semaines, tout est délité, on perd totalement le fil de ce qu'on fait. Et puis quand on environ 150 élèves, il nous reste peu de temps pour l'enthousiasme, les idées originales et motivantes, la perception plus fine de ce qu'il faudrait pour chaque classe.
Miss Trixie, je suis désolée de te renvoyer un tableau si pessimiste ! Le concours est effectivement de plus en plus dur, parce que le gvt veut de moins en moins de profs !! Cette année, dans certaines matières, il n'y a aucune place au concours !!
#8
Posté 21 May 2008 à 09:54
Je pense qu'en seconde on devait avoir 2 ou 3 h danglais.
Ensuite 2 ou 3 plus 2h d'anglais renforcé.
#9
Posté 21 May 2008 à 17:04
Alter, le 21 May 2008, 01:03, dit :
Une mission à accomplir, mais pas les moyens de la réaliser, et tout le monde qui hurle parce qu'on n'accomplit pas cette mission. En anglais, on n'a plus que 3 heures /semaine en 2°, et 2 heures dans pratiquement toutes les filières à partir de la première (même en TL !). Sans parler des classes à 35. Ce qui fait qu'un prof plein-temps a entre 150 et 160 élèves à gérer ... 6 ou 7 classes. Alors les suivis individualisés, l'accent qui est mis sur l'oral, ça me fait bien rire ...
De beaux discours, et pas de moyens derrière, avec une dévalorisation constante.
Hier, je faisais cours aux Terminales : cerains élèves ne prennent plus de notes, certains ont 20 ans ou plus. Quand je leur ai dit 3 fois de prendre des notes, j'abandonne : je me dis que si à cet âge-là ils n'ont pas compris les enjeux, je ne vois pas ce que je peux faire ... D'autres (ou les mêmes) discutent, mais quand je dis discutent, ce n'est pas chuchoter : c'est parler !! On se demande si on ne va pas les déranger en faisant cours. Dans cette même classe, lorsque je donne du travail à faire à la maison, plus personne ne le fait.
En lisant ces lignes, on peut se dire : ah , mais elle ne sait pas se faire respecter. Seulement, j'en discute avec mes collègues : ils disent quasi-tous la même chose. Alors personne ne sait se faire respecter ... Ou alors c'est l'institution qui ne nous permet plus d'être respectés.
Bien sûr, il y a encore heureusement les classes ou les élèves qui suivent ou avec qui les cours restent agréables. Mais globalement, le tout ne fait plus de sens. Des ordres qui viennent du haut, dictées par des personnes qui n'ont aucun sens des réalités sur le terrain, et des élèves pour beaucoup d'entre eux totalement démotivés. Beaucoup n'ont pas envie d'être là, de toutes façons.
J'ai décidé de quitter l'Education Nationale. Pourtant, il y a 10 ans, lorsque j'ai débuté ma carrière, j'étais pleine d'enthousiasme et d'idées. Mais les idées nouvelles sont vite freinées par les réalités (comment faire qq ch qui sorte un peu des rails lorsqu'on a tous ces élèves à gérer, un programme à faire en 2 heures par semaine, et des élèves qui arrivent avec des lacunes énormes ?????). Et puis je ne supporte plus cette institution complètement rigide, avec les élèves comme avec les professeurs.
D'ailleurs, je ne sais pas non plus pendant encore combien de temps je pourrai y laisser mes enfants. Le système est tellement détraqué et appauvri ! Je le vois se dégrader d'années en années ... ça fait mal au coeur, quand on est à l'intérieur, et que l'on côtoie tous ces collègues qui ont tant de bonne volonté.
Alors voilà, je jette l'éponge. J'espère très prochainement pouvoir continuer ma vie professionnelle dans une autre voie, qui me permettra d'être moi-même !
Tu n'es pas la seule à avoir songé à rendre ton tablier, mais peu sautent le pas. Il y a les jours avec qui redorent la pilule, les petites victoires et ... les grandes vacances! Et on reprend l'année d'après, contente de revoir les collègues, des projets plein la tête... et on se fait encore avoir! Comme quoi, on apprend pas vite!
Et puis, démissionner pour faire quoi? ça sert à quoi un prof de français dans la vraie vie? Et puis un tel changement n'implique pas que moi : étant donné que mon conjoint, prof de p-chimie, n'est pas loin de tout plaquer aussi et qu'à nous deux nous avons trois garçons à charge...
Bon ceci dit, j'ai déjà fait à 35 ans (bientôt) deux grosses dépressions avec arrêt longue maladie (finalement sans rapport apparent avec le boulot, sauf la première, mutation catastrophique oblige), peut-être qu'à la troisième...
Mais, je veux y croire à l'école, moi. C'était quand même une bonne idée, m.... à la base! Il était du bon côté Jules (Ferry)! Et Freinet, d'accord faudrait dépoussiérer un peu, c'était bien pensé... Alors, quoi, les profs de maintenant, ils ne pensent plus? (archi-faux, c'est de la provoc).
nous allons créer un comité de soutien en ton honneur Alter, on ne peut pas se permettre de perdre une prof de plus. On va devenir une espèce en voie de disparition!
#10
Posté 21 May 2008 à 17:10
MissTrixie, le 21 May 2008, 10:18, dit :
J'en suis désolée.
#11
Posté 21 May 2008 à 17:18
moimaime, le 21 May 2008, 11:32, dit :
Donc je pense qu'en tant que professeur ça vaut le coup de faire de son ieu pour donner vie à ce que l'on enseigne, il peut en rester quelque chose longtemps
Je pense aussi que l'enthousiasme peut beaucoup. Mon p'tit frère, qui se destine lui- aussi au professorat, en déborde : il est sûr qu'il suffit de leur jouer l'Histoire de France (ou d'ailleurs) pour les captiver... Et ça va marcher, en théorie, le temps qu'il se lasse de rabâcher les mêmes chapitres aux mêmes dates ! Le jeudi, j'ai deux classes de soutien en sixième : même cours, puis deux classes de sixième : même cours, puis l'après midi : une classe de sixième, un groupe de sixième (1/2 classe) et enfin... une cinquième (très difficile!)... Avouez que...
#12
Posté 21 May 2008 à 17:20
MissTrixie, le 21 May 2008, 10:18, dit :
J'en suis désolée.
#13
Posté 21 May 2008 à 19:19
ecololo, le 20 May 2008, 13:11, dit :
ecololo, le 21 May 2008, 19:04, dit :
Ça fera deux avec moi, depuis cette année, après 7 ans de bons et loyaux services !
De mon côté, dès le départ, je n'étais pas pleine d'enthousiasme, je savais que je n'y trouverais pas mon compte, j'ai un peu passé le concours comme un exam de fac, juste parce que j'aimais mes études, et je l'ai eu. Du coup je n'étais pas ravie des conséquences (enseigner dans ce cadre), mais comme c'était une manière de gagner ma vie, j'ai fait ça en attendant mieux.
Je suis partie un peu pour les mêmes raisons qu'Alter.
Plus envie non plus d'enseigner des terminologies grammaticales élaborées par des linguistes, et renommées tous les 2 ans, dont on n'a que faire quand on est enfant (et on a bien raison car ça ne sert à rien à moins d'être à la fac !).
Peu de temps dans l'année pour créer au sein d'une classe des projets ensemble, à ne pas noter, juste à savourer, pour découvrir autre chose, grandir ailleurs que dans les marges d'une copie.
Ou alors il faut être dévoué corps et âme et faire tout ça en plus du reste, et les élèves apprécient, bien sûr ... mais consacrer son temps libre à des projets originaux, tout en assumant le reste, ça devient vite ingérable : la dernière année j'étais à mi-temps et je bossais comme à plein temps.
J'ai aussi trouvé que lutter contre la routine dans ce milieu était particulièrement épuisant.
Voilà, je suis partie, pour avoir l'esprit libre le week-end et retrouver un monde sans notes et sans programmes.
En même temps, j'admire ceux qui restent, qui ont et donnent du plaisir aux enfants !
Pour ceux qui ne sont pas encore de ce côté de la barrière, réfléchissez au fait que si vous n'avez pas l'âme d'un militant pour défendre ce en quoi vous croyez, et que vous prenez à coeur votre métier, vous avez des chances de vous faire bouffer par un système malmené depuis bien des années. Et si vous ne savez pas un minimum "compartimenter" le travail et la vie en dehors, une soirée à la maison sera mentalement minée par la pensée des cours du lendemain, et le dimanche rimera avec "veille du lundi". Enfin c'est comme ça que je le vois.
Vas-y Alter, je te soutiens à fond dans tes projets de nouvelle vie ! Je te souhaite de tout coeur que cela prenne forme dans pas trop longtemps !
Ecololo, je comprends que tu sois désemparée face à l'idée d'une éventuelle reconversion. Trouver sa voie exige de la patience, le système d'aujourd'hui n'aide pas les gens qui changent de voie, c'est vu comme une irrégularité de parcours, et avec des enfants à charge je comprends que cela soit difficile.
Le moins simple à mon sens, c'est de désapprendre la routine dans laquelle on est, de se "désabrutir" l'esprit pour le rendre libre d'accueillir un hasard, une nouveauté, un déclic, une piste ... A partir de là, tout est possible !
#14
Posté 22 May 2008 à 19:28
Edit modération : longue citation du message précédent supprimée pour éviter les "rallonges" à la lecture !
#15
Posté 23 May 2008 à 08:17
J'ai longtemps espéré (ou me suis raccrochée) à l'idée d'être le vers dans la pomme, et je sais que l'on n'est pas inutile à 100%, qu'il y a toujours des élèves pour qui notre travail ne sera pas inutile. Cependant, vue la structure dans laquelle on évolue maintenant, je pense que notre investissement ne peut être que très marginal. A mon avis, si les choses doivent changer, c'est par l'extérieur : c'est-à-dire par la démonstration d'autres voies possible.
J'ai mis longtemps avant d'en arriver à cette décision, mais je dois dire que depuis que je me suis décidée, je me sens beaucoup mieux. Comme toi, Ecololo, les petites victoires me remotivaient pour continuer, les grandes vacances me ressourçaient, les retrouvailles avec les collègues me donnaient autant de raisons de continuer. Et je repartais pleine de projets enthousiasmants, oubliant au passage que nous n'avons plus les volumes horaires nécessaires pour mettre tout ça en place, donc ça se fait quasiment tout EN PLUS, et je finis toujours totalement épuisée, arrêtée ou sous anti-dépresseurs pour tenir le choc.
J'ai mis du temps avant de surmonter le sentiment de culpabilité aussi : si tout le monde laisse tomber le service public, que va-t-il devenir ? C'est exactement ce que veut le gvt : rendre l'éducation publique tellement minable que tous ceux qui en auront les moyens mettront leurs enfants dans le privé.
Eh bien, tant pis !! Je ne porte pas l'humanité sur mes épaules, et ne suis pas responsable des choix politiques des masses. Si les Français veulent autre chose pour leurs enfants, qu'ils se prennent en main, et qu'ils le mettent en place !
En attendant, toutes les personnes motivées peuvent créer autre chose : tout est possible !
Je ne continue pas dans l'éducation pour l'instant, peut-être la formation tout au plus (là, j'ai besoin d'un break sérieux !), mais il n'est pas exclu que j'y revienne plus tard, lorsque je me serai ressourcée, renouvellée, nourrie d'expériences nouvelles. Je cotoie beaucoup de monde des pédagogies Steiner et Freinet : j'aime ces démarches.
Ecololo, la peur de l'inconnu, de lâcher un boulot qui a au moins l'avantage (et c'est parfois le seul !) de t'apporter un salaire fixe chaque mois : je connais. La peur de ne pas pouvoir subvenir aux besoins de ses enfants, aussi. Mais lorsque tu veux vraiment passer à autre chose, tu te rends compte que les possibles s'ouvrent à toi.
Lis les messages en canalisation d'Eric : si tu suis ta voie, celle qui t'appelle profondément, tu seras aidée. Et je pense vraiment que c'est ce qu'il se passe. Lorsque l'on est en concordance avec soi-même, les choses ne sont peut-être pas simples, mais en tout cas moins compliquées que ce qu'on pourrait penser. Depuis que je me suis décidée, je rencontre des tas de personnes qui me permettent réellement d'avancer, et j'ai bon espoir de pouvoir concrétiser mes projets.
Tu sais, moi, j'élève mes 3 enfants seule, et je ne travaille qu'à 70 % !!! Je n'ai pas d'argent du tout de côté. Et pourtant, je n'ai pas l'impression que mes horizons soient bouchés. En couple, vous pouvez peut-être imaginer changer l'un après l'autre, ou bien économiser un salaire pour assurer une transition plus simple. Et en tout cas, vous avez l'énergie de 2 personnes, les idées de 2 personnes, les connaissances de 2 personnes. Si le changement c'est réellement ce que vous voulez, vous avez tous les atouts pour !
Merci, Linaigrette, pour ton soutien
#16
Posté 23 May 2008 à 09:17
ecololo, le 22 May 2008, 21:28, dit :
Alter, le 23 May 2008, 10:17, dit :
Alter, le 23 May 2008, 10:17, dit :
Alter, le 23 May 2008, 10:17, dit :
#17 Guest_MissTrixie_*
Posté 23 May 2008 à 18:22
#18
Posté 23 May 2008 à 21:34
MissTrixie, le 23 May 2008, 20:22, dit :
Je crois l'avoir dit plus haut mais j'enseigne en collège, en lettres modernes et le niveau que je préfère, c'est la sixième, "les petits". Je crois que j'aurais aimé être instit en fait. Peut être pour le "cadeau de la fête des mères"! Tu ne me dis pas en quelle matière tu as passé le PLC, ni ce qui n'a pas marché mais peut être n'as-tu pas envie d'y penser. Si à l'avenir, je peux t'être d'une quelconque aide pour réviser ou lire tes productions... Je devine que sans l'IUFM on doit se sentir bien seul pour repasser le concours. Tiens bon, c'est bientôt les vacances!
#19
Posté 23 May 2008 à 21:53
linaigrette, le 23 May 2008, 11:17, dit :
Je suis aussi passée par cette phase, je me suis demandée si c'était par lâcheté que je partais ...
Oui, et puis il y a parfois un moment où ce n'est tout simplement plus vivable. Où l'on sait qu'on fait fausse route, ou que ce n'est pas ce que l'on veut, tout simplement. De mon côté, ça a été une succession rapide de petits événements attristants, décevants, qui m'ont fait dire "stop".
Ça, pour le coup, c'est vraiment courageux, je suis dans une situation bien plus simple, et je t'admire beaucoup d'avoir ce cran-là. En plus, grâce à ce nouveau départ, même si tout ne sera pas facile, tes enfants auront sous les yeux la preuve qu'on n'est pas obligé d'avoir toute sa vie la même activité. C'est une vraie chance pour eux je trouve.
Merci Linaigrette et Alter pour tous ces bons conseils mais j'ai encore envie d'y croire un peu .
Après mes dépressions, je commence à reprendre du poil de la bête (le mammouth?) et j'arrive globalement à distinguer boulot et dodo (non c'était pour la rime : vie familiale).
D'autre part, il faudrait que je sache ce que je veux faire et surtout que ça m'interpelle suffisamment pour ne pas avoir de nouveau envie de tout plaquer.
Ce qui m'a longtemps empêché de "sauter le pas", c'est que je ne savais pas si mes dépressions venaient du boulot ou "de moi". A quoi bon quitter un boulot de fonctionnaire pour se mettre en péril dans le privé à chaque arrêt maladie parce que le problème venait d'ailleurs (bonjour la phrase à la Proust mal réveillé!!! Et c'est prof de français...)
Maintenant je sais que le problème vient d'abord de moi (trouble bipolaire du comportement, c'est génétique, et pas contagieux même si très répandu). Reste qu'un boulot aussi stressant ne doit rien arranger.
Mon copain a le rêve de créer un site de vente par correspondance de kit pour miniatures auto (maquettes quoi), je lui ai suggéré d'y adjoindre une librairie spécialisée visant papi, papa, fiston . Je crois que j'aimerai me lancer dans la librairie pour enfant. Ou écrire, vieux fantasme de prof de lettres. Mais quand je me demande quoi écrire, j'ai aussitôt des idées de livre sur l'école, envie de créer un manuel différencié... Je crois qu'il faudra un gros break !!!
De toute façon, on est prof de père (et mère) en fille (et fils) et conjoint dans la famille !
#20
Posté 23 May 2008 à 21:56
linaigrette, le 23 May 2008, 11:17, dit :
Merci, Linaigrette, mais tu sais, c'est moins du courage que disons ... de l'instinct de survie !!
C'est un peu comme tu l'as décrit : à un moment donné, ce n'est plus supportable, c'est tout. On n'est pas à sa place, on a autre chose à faire.
Alors soit on continue comme ça, et petit-à-petit, tout perd son sens. Soit, avant de toucher le fond, on réagit. C'est ce que je fais, en ayant pour guide mon intuition. Ce n'est pas simple, mais c'est passionnant de se donner le droit d'être en adéquation avec ce que l'on se sent être !
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