Comme la plupart d'entre vous, je culpabilise assez souvent, mais je saque rapidement dans cette tendance quand elle apparaît. Car la culpabilité est une réaction très « occidentale ». Nous vivons dans une société où les erreurs et tâtonnements sont considérés comme des « fautes ».
Or une erreur, on peut la corriger, ou la réparer. Une faute, on la paie. Donc quand notre compréhension des choses nous montrent que nous sommes dans la « faute », très vite se calque à cela le fait que l'on doit « payer ». C'est le sentiment de culpabilité qui va faire pression sur nous, alors que nous n'avons pas forcément encore compris comment corriger notre erreur.
Car il y a une marge entre faire des erreurs et savoir comment les corriger.
Donc quand je culpabilise, je tente, au niveau du raisonnement de calmer les choses, de me rassurer, en me disant : ok, j'ai le droit à l'erreur, et si je suis dans l'erreur, je vais chercher à la corriger.
Mais cela peut mener à culpabiliser un peu plus, quand nous connaissons la solution, et que nous ne nous sentons pas vraiment prêt à l'utiliser.
Qu'à cela ne tienne, je pousse encore plus loin

Je pense avoir compris que la compréhension intellectuelle d'un phénomène, d'un problème, d'une situation, ne veut pas dire qu'on en est pleinement « conscient ». Pour moi la conscience se situe à un autre niveau. Je la situe plutôt côté coeur et côté émotions (ou trippes, en d'autres mots).
Donc, si je comprends que ce que je fais n'est pas des masses écologiques, cela ne veut pas dire que cette compréhension a atteint ma conscience.
Ce que je sais, c'est que lorsque cette compréhension a atteint ma conscience, alors je « sens » les choses, et plutôt que de me forcer à tenter de changer (ce qui est en général vain, ou qui ne dure pas, voire qui nous amène à reculer de plus belle par la suite), le changement devient tout simplement automatique. Ce pour quoi j'aurais dû me forcer peu avant, devient pratiquement naturel, et à l'inverse, ma manière de faire comme avant, me rebute, et il m'est difficile d'encore l'utiliser.
Je viens encore d'expérimenter cela. Sur un autre forum, on avait discuté des sachets de thés et infusions, et d'autres moyens pour infuser sans passer par du « jetable ». Il y a bien un an, ou plus, de cela. Et on m'avait donné toutes sortes d'alternatives pour ne plus utiliser les sachets. J'avais chez moi déjà plusieurs des moyens qu'on me proposait, et qui donc pouvaient très bien faire l'affaire, mais je n'arrivais pas à me soumettre à les utiliser : je ne trouvais pas ça pratique, pas pratique du tout. Le sachet, à l'inverse, c'était tellement plus simple à utiliser, et si c'est du papier, c'est tellement petit, que le gaspillage est anodin. Je continuais donc à les utiliser.
Il y a quelques semaines, pour ma santé, j'ai dû acheter un paquet d'extrait de plante pour infuser, et cela n'existe pas en sachet. J'ai donc bien été amenée à utiliser un moyen alternatif (en l'occurence, des filtres à café réutilisables). Et cela m'a tout à fait convenu. J'ai du coup opté pour cette habitude. Et maintenant, en très peu de temps, je ne conçois plus, chez moi, d'utiliser encore des sachets. Ca me rebute véritablement de gaspiller ce papier pour rien.
Tout cela est de l'ordre du détail bien sûr, mais c'est pour moi représentatif des changements que l'on fait quand on est sur le chemin de plus d'écologie et de cohérence dans nos comportement. Inconsciemment le chemin se fait, et la vie nous offre toujours l'opportunité pour le changement quand nous sommes prêts.
Alors voilà, si on a expérimenté cela plusieurs fois, on peut alors regarder les choses sous un autre angle, et savoir que lorsqu'on sait qu'un de nos comportements n'est pas écologique ou cohérent, c'est que notre conscience fait le chemin pour aboutir au changement dans les faits, et qu'il faut être patient, sans vouloir forcer les choses.
Car aussi, quand on tente de se forcer, je pense qu'on ralentit le processus de conscience. Tout ce que l'on fait par conditionnement, même si on l'a compris intellectuellement, n'est pas un réel apprentissage. C'est bien la conscience qui nous fait évoluer, pas tant la raison. Ou plutôt, la raison précède souvent la conscience, mais elle ne suffit pas.
Bon, cela ne veut pas dire qu'il ne faille plus chercher à changer, et attendre que tout change tout seul. Juste, cela peut apaiser le côté culpabilité, en acceptant que nous sommes humains, et qu'évoluer prend du temps. J'avoue que c'est même motivant, car on peut se mettre à rêver faire des changements quasi impossible (vu du côté du raisonnement), mais nourrir ces idées, qui un jour, pourront avoir l'occasion de se réaliser.