Bonjour Alter,
Merci d'avoir créé cet échange, nous sommes déjà deux intéressés

, oups, quatre

je viens de lire les messages de Rob et Sonia.
Alter, le 24 Feb 2008, 23:44, dit :
Donc, question : les media sont-ils une source d'information ??
En fait, pour ma part, je ne vois pas bien comment s'informer en ne passant pas par le biais des media ??? On ne peut pas être partout à la fois, et connaître des gens partout qui nous relateraient en direct ce qu'il se passe en permanence dans le monde !! Et puis j'apprécie aussi que des spécialistes fassent des analyses que mes connaissances (ou ma perspicacité !!

ne me permettraient pas forcément de faire.
Pour moi il y 2 styles d'information.
- L'information d'actualité courante,
- l'information plus approfondie ou analysée, qui peut être alternative
Pour l'actualité courante, bien qu'elle soit relayée par tous les mass médias, il n'y a pas mille sources différentes, et le mieux c'est d'aller au plus près de l'origine de l'info, ce qui pour moi correspond à lire les dépêches qui sont accessibles sur internet.
Etant belge, je vais les chercher sur un site belge afin d'avoir l'information régionale qui me concerne. Il est assez facile de lire le titre de chaque dépêche très rapidement, et de n'aller lire le contenu que de celles que nous jugeons intéressantes ou importantes à connaître, et parfois juste amusantes.
Je trouve qu'il n'est pas nécessaire d'aller lire certaines informations qui donne le détail d'un attentat en Irak par exemple : se nourrir de telles informations n'apporte absolument rien. Je ne dis pas cela pour choquer, et en manquant de respect aux personnes concernées. Mais je pense qu'il vaut bien mieux connaître les tenants et aboutissants de la guerre en Irak, et selon la manière dont on les appréhende, agir dans notre propre vie pour donner des chances à cette guerre de finir un jour. Car connaître le nombre de morts au quotidien, et le détail de comment ils sont morts, et qui les a tués, ne va rien changer à la situation, sinon nous rendre plus pessimistes, perdre notre temps et notre énergie, que nous n'investirons pas dans des actes citoyens responsables et constructifs.
De la même manière, un journal va nous inonder d'informations qui ne nous intéressent ou concernent pas, et va mélanger les styles entre le fait divers, la guerre, l'exploit sportif, la dernière foire commerciale, le prix culturel, la dernière bourde politique ou l'extension de telle maladie. Cela ne peut correspondre réellement à nos intérêts, ou alors nous acceptons d'être tous formatés comme des clones.
La lecture des titres des dépêches permet de cibler directement, et cela gaspille moins de papier par la même occasion. De plus, l'analyse proposée par le journaliste dépendra en partie de la qualité du journal et de la compétence de la personne, mais il n'y a jamais de garantie pour la véracité.
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Par contre, on peut choisir. Par exemple, en ce qui concerne les journaux, il y a des journaux plus ou moins sous l'emprise de la pub, plus ou moins indépendants, plus ou moins dans la course au scoop.
Je fais en effet la différence entre les mass medias et les autres medias. C'était bien les « mass medias » que je visais dans mon commentaire que tu as repris dans ton message. Tout media dépendant de l'audimat, d'une cote de popularité élevée ne peut recevoir ma confiance. Quand l'information est créée ou concoctée dans le but principal d'être vendue, elle n'est, selon moi, par définition, pas digne de confiance. Or tous les mass-medias sont dans ce registre.
La présence de publicité commerciale est en général le signe le plus flagrant qu'un média n'est pas indépendant.
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Le Monde Diplo par exemple, Politis, ou encore Silence ou La Décroissance me semblent ne pas véhiculer trop de bêtises et traiter en général de questions de fond. J'apprécie beaucoup aussi le Courrier International qui donne une véritable ouverture sur le monde, et qui fait des dossiers de presse très intéressants.
J'ai longtemps défendu la cause du « monde diplomatique » comme media alternatif. Mais il sont tout de même dépendants de crénaux financiers commerciaux importants. Le jour où j'ai vu trois pages pleines du journal, consacrées à des publicités pour une voiture, une carte de crédit et une multinationale de l'électronique, j'ai remis en cause ma confiance envers ce journal. Comment peuvent-ils être intègre en critiquant sur la page de gauche ce pour quoi ils font la publicité sur la page de droite?
J'avoue aussi que lire leurs articles c'est un peu masochiste vu l'utilisation d'un langage très complexe et intellectualisant pour dire des choses qui pourraient être expliquées plus simplement.
Politique, Silence, et la Décroissance, ne sont pour moi pas des mass-médias. Ce qui me gêne pour les lire c'est que leur choix d'articles ne correspond pas forcément à mes intérêts. Et aussi, quand on connaît parfois à l'avance un sujet investigué, il m'est arrivé d'être assez déçue de l'analyse qui en avait été faite. (Je parle pour Silence et Décroissance, n'ayant jamais vraiment lu Politique, par manque d'intérêt).
De plus, je ne partage pas du tout le ton de Décroissance, très destructeur, très peu constructif (on m'a dit récemment que ça ne s'est pas amélioré).
Pour ce qui est de Courrier International, c'est intéressant de voir ce que les autres pays peuvent recevoir comme information, mais le journal est concocté sur la base d'articles repris des mass-medias. Il élargit un peu les horizons, mais même pour ce journal là, quand j'ai entendu à la télévision, l'interview de son rédacteur en chef en 1998 (j'avais encore la télé), je me suis rendu compte que je ne pouvais continuer à donner ma confiance dans ce journal.
Je pense réellement que nous sommes conditionnés à penser que les autres ont à choisir ce dont nous avons à être informés. Et de la même manière, nous faisons confiance à leurs dires lorsqu'ils nous sont présentés comme experts ou spécialistes, oubliant que nous détenons un certain bon sens, nous rendant capables de faire notre propre analyse de certains faits.
Je conçois bien que dans certains domaines, il faut réellement une masse d'informations importante pour pouvoir faire une analyse correcte, ce qu'une simple quidam comme moi ne détient pas. Mais à l'inverse, on décrète souvent « experts » ou « spécialistes » des gens qui ne donnent pas forcément une information très fiable, surtout quand ils mêlent cette information à leur opinion et la déforment.
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En ce qui concerne la télé, j'ai complètement abandonné, mais je reconnais qu'avec les programmes d'Arte et de la Cinq, on peut vraiment s'informer sur des sujets très variés. Mais je trouve qu'après avoir pesé le pour et le contre, il y a plus d'inconvénients que d'avantages à avoir la télé chez soi, donc pour moi, pas d'états d'âmes !!!! On vire !!!
C'est ce que tous les gens qui regardent la télé disent : on peut être critique : arte et la cinq donnent tout de même de bons programmes. Je l'ai pensé un temps (à propos d'arte uniquement, car la cinq relaie aussi les programmes d'autres chaînes).... quand j'avais encore la télé.
Mais j'ai eu l'occasion d'y voir aussi des programmes qui manipulaient, déformaient, tronquaient, l'information etc. Ils sont probablement nettement plus rares. Mais c'est justement là que je me suis rendu compte qu'il valait mieux me passer de télé. Que l'on prenne d'office au second degré toute info qui provient de TF1, étant donné qu'elle nous est donnée pour qu'on achète coca-cola, me paraît presque évident. Mais au moment où on se rend compte qu'on peut être trompé par ceux à qui on avait le plus confiance, il est temps d'arrêter les frais.
Comme je l'ai écrit ailleurs :
Seules les incohérences dans la manipulation nous permettent d’utiliser notre esprit critique efficacement. Penser que les autres se font manipuler, et pas nous, c’est probablement se mentir. En effet, refuser d’accepter que les mass-medias nous trompent trop souvent par leurs informations, de manière voulue ou non, sans que nous puissions en devenir conscient, c’est choisir d’entrer volontairement dans le piège.
Devenir conscient qu’il n’y a pas que les autres qui se font manipuler, c’est entrer dans un chemin, qui tôt ou tard, mène à se méfier de tous les mass-médias.
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Bien sûr, il y a aussi maintenant INternet, mais je n'envisagerais de m'informer uniquement via le net.
1.C'est beaucoup plus fastidieux (il faut aller à la pêche aux nouvelles). Et puis il y a une telle profusion d'infos, que l'info est noyée. Trop d'information tue l'information.
Via les dépêches c'est nettement plus rapide que les autres moyens de s'informer. On peut choisir alors de s'informer plus avant pour les sujets que nous jugeons en valoir la peine.
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2. Avec les journaux / radios, on connaît l'orientation, le sérieux, etc... On sait avec qui on traite, on peut donc si nécessaire prendre le recul nécessaire. Avec le net, on ne sait pas toujours à quel genre de site on a affaire.
Justement, avec les dépêches, on diminue le risque d'être informé avec un manque de sérieux. L'info n'est pas encore analysée, elle est brute. Pour ma part, aucun journal ou radio qui fait partie des mass-médias ne peut être une référence pour moi.
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3. Conséquence donc : c'est plus difficile avec le net de reconnaître le vrai du faux, l'authentique de la propagange, de l'exagération voire de la mauvaise foi tout court.
Comme je l'ai dit plus haut : via les mass medias, quand il y a manipulation, si elle est bien ficelée, nous n'avons rien qui peut nous la faire remarquer (et parfois les journalistes eux-mêmes ignorent la manipulation et ne font que relayer des mensonges en toute bonne foi, souvent même, mais ils n'ont pas le temps de vérifier l'info : audimat oblige). Ce n'est que des années plus tard qu'on découvre le pot-aux-roses, et uniquement pour certaines informations. (C'est ce que la population des USA est en train de découvrir actuellement pour la guerre en Irak, par exemple – rares étaient les Américains (des USA) à remettre en cause la justesse du choix d'envahir et occuper l'Irak en 2003 – et ceux qui le faisaient publiquement, étaient traînés dans la boue par les mass-médias).
C'est de cela justement que je me méfie. Le net n'est pas pire dans le sens où les gens qui relayent l'info ont moins souvent des intérêts financiers à la relayer, et sur certains sites il y a réellement désir de parler juste, parler vrai, et informer réellement.
Mais pour moi, l'info digne d'intérêt provient bien moins par des sites internet que par des livres, des mailing list provenant d'associations ciblées, ou encore via des forums de qualité, justement comme celui-ci

, où il y a multiplication et concentration de sources d'informations diverses; où le débat est possible, et le respect en général présent.
L'important est selon moi de cibler les informations que nous enregistrons. Il n'est pas nécessaire d'y passer des heures. Nous avons intérêt à avoir l'information là où nous pouvons agir, et à ne pas trop approfondir dans les autres cas, surtout quand il s'agit d'informations déprimantes. Je ne dis pas non plus qu'il faut chercher à les ignorer, mais je pense que les informations déprimantes nous aident plus à nous sentir impuissants, à nous enlever notre énergie, à nous faire perdre du temps, à assoupir notre créativité et notre motivation, et que nous avons donc mieux à faire, qui pourrait peut être justement empêcher que ces faits déprimants ne se produisent.