Mireille, le 18 Sep 2007, 19:29, dit :
Justement, de nos jours je trouve que c'est plus compliqué que ça en a l'air de payer le juste prix incluant le "plus éthique" en magasin "bio" car si effectivement à la base des achats du magasin ( via des grossistes ou des plate-formes d'achats - il ne faut pas se leurrer les magasins "bio" n'achètent pas en direct aux producteurs ou vraiment très peu ), on trouve toujours plus ou moins les mêmes grandes marques "bio" classiques, qu'est-ce qui nous dit qu'on ne les retrouve pas sous une autre étiquette (MDD) en "bio" d'hypermarché ??
Pas très sympa pour un gérant de magasin qui a de longue date vendu telle marque ( tiens prenons kaoka, les chocolats bio fort bons au demeurant ) et qui voit tout à coup un produit lui ressemblant étrangement ( le chocolat cesmoi pour ne pas le citer ) à moitié prix au supermarché du coin

le fabricant aura beau vous dire une fois démasqué que ça n'est pas le même que le vôtre ( "mais si regardez le taux de cacao n'est pas tout à fait le même...") le consommateur lui aura vite fait son choix, voire taxé le magasin de voleur !
Oui, je comprends mieux ce que tu veux dire. Il est vrai que le gérant du magasin où je vais régulièrement m'a parlé de ce problème. En Belgique par exemple, le lait de soja (et dérivés) est vendu par la même firme en magasin et grande distribution, mais sous un nom différent (c'est la marque prépondérante pour lait de soja bio). Et de plus en plus, des marques vendues en petits commerces fusionnent avec d'autres marques, et cela donne des multinationales bien plus orientées profit que bio ou éthique. Au-delà du prix juste, il s'agit dès lors de savoir si on veut encore acheter ces produits là. Pour ma part je tente de les limiter, et je sais que je pourrais faire beaucoup mieux. J'avoue par exemple que les flocons de riz que j'achète très régulièrement (cela constitue un de mes deux repas de base chaque jour en ce moment) existent soit via un producteur relativement local, soit en vrac, ou encore via une firme belge qui est déjà relativement multinationale, et qui se défend tout de même d'être éthique et consort. Idéalement, mon choix devrait se porter vers l'achat en vrac ou la firme locale, et pourtant j'achète l'autre produit, car franchement la qualité, au goût, n'est pas comparable. Si je veux me dégoûter de manger du porridge de riz, alors je ferai l'autre choix, c'est à ce point. Bref, comme tu le dis, c'est pas simple de se dépatouiller de tout ça.
Ceux qui produisent eux-mêmes, ou se fournissent via Amap ou paniers bio, ou dans les marchés bio, sont passé à l'étape supérieure, ils n'ont plus à se poser ce genre de questions.
Citation
.... ce que j'ai ressenti c'est que ces "espaces bio" de grande distribution commencent finalement assez à ressembler (abstraction faite bien sûr de là où ils se trouvent ) à... des magasins "bio" !
Je remarque qu'ici (à Bruxelles) le succès des magasins bio (qui n'ont pas la taille de supermarchés, mais plutôt de supérettes ou simples épiceries) ont un succès grandissant. On fait de plus en plus la queue à la caisse. Et je suis étonnée que les gens n'achètent plus en majorité comme il y a quelques années : un ou deux produits particuliers, mais ont un pannier rempli de victuailles : ils achètent un maximum en magasins bio. Je pense que les personnes qui achètent bio sont de plus en plus dans une démarche alternative aussi à d'autres niveaux que pour l'alimentation.
Pour ma part, j'ai commencé il y a 10 ans par acheter bio dans les supermarchés, avec l'un ou l'autre produit particulier en magasin bio (ceux qu'on ne trouve pas au supermarché) puis, j'ai augmenté la part que j'achetais dans le magasin bio, et à présent j'évite tant que faire se peut d'acheter en supermarché, bien que depuis quelques mois j'ai un peu relâché. La rigidité ou radicalité des comportements ne me paraît pas non plus une solution. J'achète probablement moins de 10% dans les supermarchés. Pour le moment il ne m'est pas possible de fonctionner avec les panniers bio, mais c'est vrai que cette solution-là me tente.
Citation
mine de rien, on sent que la guerre pour se tailler des parts de marché est très présente, les magasins ( pas les petits voués à disparaître mais les grosses affaires ou les grandes enseignes ) devraient se pencher sur cette récupération croissante du "bio" par la GD en proposant réellement des produits authentiques qui ne fabriquent pas en sous-main pour leurs ennemis, davantage de vrac, moins de cochonneries etc.
bref, revenir un peu à la case départ des 1ers magasins "bio" militants

En fait, d'une part je pense, comme je l'ai dit plus haut, que le succès des magasins bio ne fait que croître. D'autre part, la législation européenne a failli permettre l'utilisation de pesticides pour l'agriculture bio, tout en augmentant le taux de présence d'ogm toléré pour ces mêmes produits (voir
http://www.natpro.be...eau_cahier.htm). Cette directive n'est finalement pas passée telle quelle. Mais je me rappelle en avoir parlé avec des personnes travaillant dans des magasins bio avant le vote de la directive, sous le choc de cette menace qui planait sur leur commerce. Ils évoquaient l'idée qu'il faudrait créer de nouveaux créneaux : les produits bio seraient pour le commerce courant, et on trouverait une autre appellation pour les produits vrais bio. Si la directive avait permis le pire, elle aurait par essence créé le germe d'une sorte de renaissance du bio d'origine. Bon, je m'illusionne peut-être.