nomade, le 22 October 2011 à 08:49, dit :
Disons que ce qui est gênant, c'est le clonage induit par l'homme lorsque ce n'est pas prévu par la nature. Vaches comprises...Et c'est vrai que je ne me souvenais pas de cette histoire de pathénogénèse...y'en a des bestioles bizarres quand même ! Peut être que le clonage naturel a été prévu dans la nature pour des organisme très simplifiés ?
Pas si simplifiés que ça ! Par exemple, les pucerons... Généralement, une fondatrice qui a été fécondée (donc reproduction sexuée) pond sur les plantes avant l'hiver. De là naîtront des individus souvent aptères puis, par parthénogénèse des individus ailés qui partiront coloniser les plantes hôtes. Les générations suivantes seront en principes aptères. C'est pour cette raison qu'on peut se permettre de virer manuellement ou au jet d'eau les pucerons qui nous gênent au jardin, ils ne remonteront pas, même s'il arrive que parfois des fourmis s'en chargent, mais ce phénomène n'est pas si courant qu'on le dit). Au cours de la saison, il peut arriver que des individus ailés apparaissent si les plantes colonisées sont saturées, toujours par parthénogénèse. En fin de saison, des individus sexués apparaîtront, s'accoupleront et les femelles pondront avant l'hiver.
Ça, c'est une explication « en gros », car le cyle peut parfois être plus compliqué, comme dans le cas du bien connu puceron de la fève. Lire ici :
http://www.inra.fr/h...EUR/3aphfab.htm Un autre exemple de variation :
http://www.inra.fr/h...EUR/3nasrib.htm
Pour ce qui est des plantes, il est certain qu'une reproduction limitée au bouturage entraîne à terme, un affaiblissement de la plante, un peu comme une photocopie de photocopie de photocopie... On repense au cas de l'élodée du Canada qui a envahi pendant des décennies les rivières françaises. Elle ne se reproduisait que par bouturage car il n'y avait qu'un sujet mâle échappé dans la nature. L'élodée du Canada a finit par quasiment disparaître. Il est possible que le recul de Caulerpa taxifolia soit dû à la même cause, encore que ce ne soit pas tout à fait élucidé à ma connaissance. La biodiversité, c'est aussi la biodiversité génétique pour une plante donnée !
Dans le cas des plantes horticoles, le bouturage sert à propager des variétés non fixées : tous les cerisiers Burlat proviennent d'un seul et même cerisier. Le greffage rend ce mode de reproduction possible et viable (certaines plantes sont rétives au bouturage et, dans tous les cas, le porte-greffe apporte sa vigueur au greffon).
Le jardinier est là pour veiller sur ces plantes bouturées, ce qui permet leur vie et leur survie. Si une plante n'a pas de reproduction sexuée, dans la nature, elle est condamnée soit à disparaître à plus ou moins long terme. S'il y a une reproduction sexuée mais que la variété n'est pas fixée, elle est destinée à retourner au « type » (le semis d'arbres fruitiers ne donne pas toujours des fruits comestibles et en tous cas, pratiquement jamais le fruit attendu, sauf... justement pour les plantes fidèles de semis : certains pêchers, les noyers...).
Le greffage est rare dans la nature mais il peut exister, le bouturage est beaucoup plus fréquent (plus ou moins selon les plantes), je ne vois donc pas quels problèmes éthiques cela pourrait poser. Le problème éthique peut se poser quand on reproduit volontairement, par bouturage, des plantes déficientes, malades, virosées : en particulier les plantes panachées dont le manque de chlorophylle est généralement dû à un virus. On peut aussi se poser la question de la pertinence de reproduire des monstruosités botaniques telles que les hortensias et les « boules de neige » (Viburnum opulus 'Roseum'). Dans les deux cas, on a de fausses fleurs (en fait seulement des bractées), aucun organe reproducteur, aucune utilité pour les insectes. Les autres Hydrangea et les autres Viburnum n'ont évidemment posent évidemment pas ce problème (même si on les reproduit par bouturage).