Témoignage De Retraite Au Centre Vipassana De Dhamma Mahi Méditation silencieuse de 10 jours
#1
Posté 26 juin 2008 - 14:58
Je rentre ce matin de mon septième jour au centre de méditation Vipassana de Dhamma Mahi dans l'Yonne. J'ai mis fin prématurément à cette expérience et je souhaite en témoigner ici. Ce centre de méditation, le seul en France (plus de 100 dans le monde), permet à chacun d'effectuer dans des conditions protégées une retraite méditative silencieuse de 10 jours accompagnée d'une heure et quart de conférences sur CD quotidiennes replaçant la technique pure dans son contexte spirituel. 80 méditants simultanément, environ 2/3 de nouveaux et 1/3 d'anciens.
Nous avons pris la décision de faire cette retraite ma compagne et moi comme différents amis nous en ont vanté les bienfaits et comme nous quittons la région et que ce centre est à 3/4h de chez nous, nous souhaitions le faire avant de partir à 800km.
Etant Bouddhiste (non pratiquant, je dirais plus Bouddhiste de cœur)- j'ai choisi cette religion il y a 14 ans, je la trouve la moins éloignée de mes concepts personnels - je pensais que l'adaptation à cette aventure se ferait très facilement. Je ne m'étais absolument pas préparé (tort à moi) en reprenant une méditation quotidienne par exemple et je me suis retrouvé brutalement d'une activité fébrile de la préparation d'un déménagement à méditer 10 heures par jour et ceci sans aucun "sas de décompression" car le centre est à 45 minutes de chez nous. Du coup, le décalage a été assez violent pour moi. Pour placer le contexte voici le cadre :
Les conditions
- Les hommes sont complètement séparés des femmes sauf en salle de méditation.
- Les journées débutent à 4h et se terminent à 21h
- Il est interdit de parler entre méditants sauf pour des raisons d'organisation ou sauf pour poser une question sur la technique de méditation enseignée. On peut se parler le dernier jour.
- On est jamais seul (pour les nouveaux méditants), les repas sont pris en commun, et l'hébergement ainsi que les méditations sont collectives sauf si on médite dans sa chambre et qu'aucun autre méditant n'est présent à cet instant.
- Il n'y a que deux "gros" repas végétariens servis par jour, le matin et le midi, deux fruits sont proposés à 17h. Tisanes à volonté. Malgré cela, j'avais emmené des avocats et des céréales crues de ma préparation qui m'ont été servies chaque jour par l'équipe de cuisine, j'ai pu manger cru tout le temps et je n'ai pas perdu de poids du tout. J'ai trouvé qu'un soin particulier était apporté aux repas.
Ces conditions à elles seules, où toutes les conditions matérielles sont offertes pour n'avoir à s'occuper de rien, assez exceptionnelles quand on a une charge de famille importante comme ce que je vis actuellement, m'ont permis une bonne prise de recul sur différents aspects de ma vie et m'ont occasionné d'importantes prises de consciences, que j'ai néanmoins eu des difficultés à gérer ensuite n'ayant personne à qui le partager, ce dont je n'ai pas du tout l'habitude.
La méditation à proprement parler
Il y a un certain nombre de méditations "obligatoires", 3 à 4 heures par jour et d'autres où on est invité à méditer dans sa chambre ou dans la salle de méditation, au choix. La souplesse ambiguë de ces dernières méditations permet de se reposer ou de se promener dans le centre. En faisantt, et cela a été aussi une erreur pour moi, le choix volontaire de suivre le programme en intégralité en salle, on se retrouve à suivre 10 heures de méditations par jour par tranches de 1h à 2h avec des indications régulières et permettant une progression, le tout sur CD audio en anglais et traduite en français. La technique est une pure technique, neutre, voir froide, d'une rigueur quasi scientifique, dans une salle aux grands murs blancs. Pas de distractions mentales possibles !
L'ensemble forme un programme avec une progression dans le temps. L'enseignant est présent à un certain nombre de méditations, et il prend régulièrement les étudiants par 5 pour leur poser exactement la même question, ce qui fait qu'il pose 40 fois la même question (pouvez vous ressentir telle sensation sur votre corps par exemple) et donne des réponses quasi invariables en fonction des réponses des méditants, ce qui ne donne pas vraiment une ambiance agréable.
J'ai donc tenu 4 jours à 8 - 10h de méditations quotidiennes. Le quatrième jour, je me suis retrouvé avec une contracture musculaire très douloureuse qui m'a obligé à prendre une chaise et a complètement limité mon autonomie à marcher. Il s'agissait d'une mémoire d'une évènement douloureux. J'ai demandé à l'enseignant si suite aux méditations des douleurs physiques, des émotions, des souvenir difficiles pouvaient remonter, il m'a répondu de façon décalée et évasive en m'invitant à me concentrer sur mes sensations. C'est là la plus grosse lacune de cette technique, c'est qu'il n'y aucun accompagnement si minime soit il - psychologique, ne serais ce que pour signaler comment se manifeste le nettoyage des "négativités" comme il est précisé. A déconseiller absolument donc aux personnes instables émotionnellement. En 7 jours, jamais le mot émotion n'a été prononcé, alors qu'elles m'ont traversé constamment pendant toute la durée du séjour.
L'enseignement
C'est l'enseignement qui m'a fait quitter le centre. Il était proposé sur support audio tous les soirs à 19h. Je connais les principes et concepts généraux de l'enseignement du Bouddha pour les avoir étudiés lorsque j'étais plus jeune. Ici, c'est une vision très dépouillée de l'enseignement qui est présentée comme étant l'enseignement originel du Bouddha il y a 2500 ans, le Dhamma. Les premiers jours furent intéressants, et m'ont permis à moi aussi d'accéder à des compréhensions importantes. Comme par exemple le fait que nous sommes attirés par les sensations que provoquent chez nous les objets, émotions, situations que nous désirons. Ou que nous repoussons certains aspects dans notre vie à cause aussi des sensations désagréables induits. En cela cet enseignement est très précieux pour les personnes en proie à des addictions qu'elles qu'elles soient, et la société en génère de nombreuses.
L'enseignement est pour moi par contre déphasé sur des points majeurs avec la réalité d'aujourd'hui, et deux aspects fondamentaux m'ont mis très mal à l'aise :
- Il faut être dans la compassion et le service en permanence. Malheureusement on ne peut donner que ce que l'on possède, aussi, je pense que la première personne à servir est bien soi, sans égoïsme bien sur. Il faut apprendre à s'aimer, prendre soin de soi, être attentif à ses besoins...etc, sinon, impossible de partager - à mon sens. En cela cette présentation de compassion absolue est pour moi dangereuse si on ne s'inclue pas dans le processus.
- Il faut accepter avec equanimité (sans aucun jugement) les situations bonnes ou mauvaises que nous vivons. Je suis d'accord avec cela, mais nous sommes aussi invités à être les créateurs actifs de notre vie pour faire que nous vivions davantage de joies que de peines ! Ce pouvoir qui réside en chacun n'est pas du tout mentionné.
Voilà pour l'essentiel. Le fait qu'il soit proposé à 19h, alors que la journée démarre à 4h n'est pas juste parce que je me pose des questions sur la capacité de discernement des êtres humains après 15 heures de veille, et il est facile de faire accepter beaucoup plus quand la vigilance est basse, mais bon, cela n'est pas utilisé à mauvais escient je pense.
Dans ma chambre, deux jeunes étudiants méditaient en quasi permanence, l'un d'entre eux même parfois la nuit. Ils dormaient tous les deux à même leur sommier, je pensais donc qu'il s'agissait là d'anciens étudiants pour qui les conditions étaient plus strictes, mais non. L'un d'entre eux a commencé à devenir très agité le cinquième jour et a quitté le centre. Mon questionnement est : de quel accompagnement psychologique va bénéficier cette personne à l'extérieur ?
J'ai donc quitté le centre au matin du septième jour. A partir du troisième jour sur plusieurs points, j'ai régulièrement enfreint le règlement (pas de paroles, pas de contact entre hommes et femmes, pas de contact physique) en allant passer une heure le soir avec ma compagne pour échanger sur nos vécus et nos prises de conscience de la journée. Sans cela, je serai probablement parti le troisième jour. Cela nous a été très bénéfique à tous les deux et je pense retirer autant de bienfaits personnels de ce temps de partage quotidien que de la technique et des enseignements.
En résumé, je suis il est vrai assez négatif dans ce récit, néanmoins, je suis heureux d'avoir vécu cette expérience sur laquelle je n'ai aucun recul, comme je témoigne à chaud. Prendre ainsi un temps pour soi dans une vie est quelques chose de riche et bénéfique. Il est néanmoins important à mes yeux de se respecter davantage dans ses besoins physiologiques basiques que de respecter les règles draconiennes imposées (l'enseignant m'a dit qu'il fallait "lutter" si la fatigue me gagnait, quitte à sortir s'asperger le visage d'eau froide - mon corps m'aurait dit qu'il faut "se reposer" si la fatigue me gagne, et à partir de 4e jour, 3 fois une heure de méditation par jour devaient se faire dans l'immobilité complète, malgré les douleurs, afin d'être à l'écoute des sensations du corps. Mais si j'ai mal mon corps me dit de changer de position et m'évite ainsi une contracture musculaire douloureuse sur plusieurs jours). Pour ceux qui ont besoin d'un espace d'intimité, préférez le camping, possible sur place à la belle saison.
Je suis très heureux de m'être écouté et d'avoir réussi à quitter cet enseignement avant sa fin, bien que cela soit présenté comme étant dangereux par la structure.
C'est en sachant ce qui ne me correspond pas que je sais mieux ce qui me correspond.
Voilà, ajouterai probablement des aspects plus positifs dans quelques semaines, avec du recul. Ici, j'ai juste témoigné de ma réalité telle qu'elle est.
Pour avoir une vision plus objective de cette pratique, vous pourrez retrouver un autre témoignage ici.
Eric
#2
Posté 26 juin 2008 - 16:49
Ce n'est pas évident de faire un break aussi intense sans préparation, qui plus est dans une période de grands changements matériels.
Peut-être est-ce aussi plus facile si l'on est guidé par un maître spirituel qui adapte la sadhâna aux capacités de chacun ?
En tout cas, je suis sûr que les effets positifs ne vont pas tarder à se manifester. Surtout si vous continuez à pratiquer régulièrement à votre rythme.
Et Diane, comment a-t-elle vécu l'expérience ?
Les enfants aussi suivaient un programme de médit.adapté ?
Amitiés.
#3
Posté 26 juin 2008 - 17:04
kristo, le 26 Jun 2008, 17:49, dit :
Les enfants aussi suivaient un programme de médit.adapté ?
Coucou Kristo, je me doutais bien que tu réagirais ! Merci pour tes encouragements. C'est vrai que cela a été une erreur de ma part d'y aller comme ça sans préparation.
Diane est toujours las bas, je retourne la chercher dimanche si elle tient jusque là, mais elle est assez déterminée et elle dors seule, ce qui permet de faire de vraies nuits sans méditants qui ronflent, et de limiter la fatigue. Elle ira probablement jusqu'au bout.
Les enfants sont chez mes parents à 800 km...
Eva a participé en mai à un petit cours de trois jours sur la méditation Annapanna, où il avait presque plus de parents que d'enfants d'ailleurs.
Eric
#4
Posté 26 juin 2008 - 23:33
je suis très étonnée d'apprendre qu'il existe un centre de médiation bouddhiste en france! je m'étais renseignée il y a quelques années pour faire une retraite dans un monastère, mais n'étant pas chrétienne et n'étant pas non plus certaine de tenir plusieurs jours sans parler, j'avais renoncé.
tes réflexions à propos des objets ont un aspect très "phénoménologique", si je puis me permettre. je me demande si à l'occasion tu n'aurais pas intérêt à lire des textes de phénoménologie. c'est assez rébarbatif au premier abord, surtout que c'est assez connoté culturellement, mais si l'on prend la peine de prendre le temps, on y apprend beaucoup de choses sur tous ces petits phénomènes de la conscience. je pense notamment à des textes de husserl sur la perception des objets ("De la synthèse passive", éditions Millon).
je ne connais pas vraiment les enseignements bouddhistes mais je ne suis pas tellement étonnée de lire que dans ce centre on t'a presque interdit de prendre soin de ton corps et de tes émotions. pour le peu que j'ai lu de textes "bouddhistes", j'ai trouvé qu'il y avait un aspect ascétique et une attention peut être trop soutenue vis à vis de la souffrance. d'ailleurs je crois que c'est pour ça que je n'ai pas trop creusé ces textes, justement parce qu'ils me rendaient triste et me rappelaient sans cesse la vanité du monde, la mort qui nous attend etc...
j'espère que tu ne te sentiras pas coupable d'être parti, car je me demande si dans l'esprit des "maîtres" de ce centre, écourter son séjour n'est pas une sorte d'échec...?
en tout cas merci pour ce message, je le trouve intéressant!
#5
Posté 27 juin 2008 - 08:10
ça me conforte dans mes choix de méditations "progressives", dans le sens où je suis novice.
Mon petit Sacha est né le 18 juin et nous avons le temps de choisir tranquillement un centre adapté à ce que nous recherchons. Nous suivons également nos intuitions et, maintenant, sommes à l'écoute de notre petit lutin qui nous guidera aussi dans nos choix. Nous lui faisons entièrement confiance, il communique déjà énormément.
Encore merci et bonne journée à tous.
Carot'
Sachant que les possessions sont éphémères et dénuées d'essence, Pratique avec respect la générosité (Nagarjuna)
#6
Posté 27 juin 2008 - 09:34
Certains centres bouddhistes en France proposent aussi vipassana, mais je ne sais pas dans quelles conditions ni avec quel enseignement ( je ne connais rien aux différentes lignées et enseignements bouddhistes )
Par exemple, ICI, la retraite vipassana est possible; il y en a sûrement d'autres.
Il existe des structures avec des conditions moins draconiennes et des durées plus courtes.
Citation
Oui, cette précision est importante. Le silence aussi long fait souvent remonter à la surface des émotions, c'est à respecter car elles font partie de notre vie, et pour certaines personnes, un accompagnement psychologique ou la po ssibilité de parler est important.
Nier les émotions ne sert à rien, c'est là que l'enseignement bouddhiste peut être mal compris, ou parfois mal enseigné. il existe des voies intermédiaires, dans l'enseignement de la non-dualité, qui prennent en compte les émotions.
A ce propos, j'ai participé à un week-end sur la gestion des émotions dans un centre bouddhiste, et c'est certainement un bon préalable avant une retraite aussi longue, de même que les séjours pour travailler la concentration. Pendant ce séjour, on nous donne des outils pratiques pour gérer ce genre de manifestations, mais çà nécessite un entraînement.
Les premiers séjours de ce type ( 5 jours maxi, et on pouvait parler pendant les entretiens ) que j'ai passés dans des conditions de silence et méditation, j'ai eu des fous rires mémorables
#7 Guest_cedricia_*
Posté 01 juillet 2008 - 16:09
Metta
Cédricia
Eric, le 26 Jun 2008, 16:58, dit :
Je rentre ce matin de mon septième jour au centre de méditation Vipassana de Dhamma Mahi dans l'Yonne. J'ai mis fin prématurément à cette expérience et je souhaite en témoigner ici. Ce centre de méditation, le seul en France (plus de 100 dans le monde), permet à chacun d'effectuer dans des conditions protégées une retraite méditative silencieuse de 10 jours accompagnée d'une heure et quart de conférences sur CD quotidiennes replaçant la technique pure dans son contexte spirituel. 80 méditants simultanément, environ 2/3 de nouveaux et 1/3 d'anciens.
Nous avons pris la décision de faire cette retraite ma compagne et moi comme différents amis nous en ont vanté les bienfaits et comme nous quittons la région et que ce centre est à 3/4h de chez nous, nous souhaitions le faire avant de partir à 800km.
Etant Bouddhiste (non pratiquant, je dirais plus Bouddhiste de cœur)- j'ai choisi cette religion il y a 14 ans, je la trouve la moins éloignée de mes concepts personnels - je pensais que l'adaptation à cette aventure se ferait très facilement. Je ne m'étais absolument pas préparé (tort à moi) en reprenant une méditation quotidienne par exemple et je me suis retrouvé brutalement d'une activité fébrile de la préparation d'un déménagement à méditer 10 heures par jour et ceci sans aucun "sas de décompression" car le centre est à 45 minutes de chez nous. Du coup, le décalage a été assez violent pour moi. Pour placer le contexte voici le cadre :
Les conditions
- Les hommes sont complètement séparés des femmes sauf en salle de méditation.
- Les journées débutent à 4h et se terminent à 21h
- Il est interdit de parler entre méditants sauf pour des raisons d'organisation ou sauf pour poser une question sur la technique de méditation enseignée. On peut se parler le dernier jour.
- On est jamais seul (pour les nouveaux méditants), les repas sont pris en commun, et l'hébergement ainsi que les méditations sont collectives sauf si on médite dans sa chambre et qu'aucun autre méditant n'est présent à cet instant.
- Il n'y a que deux "gros" repas végétariens servis par jour, le matin et le midi, deux fruits sont proposés à 17h. Tisanes à volonté. Malgré cela, j'avais emmené des avocats et des céréales crues de ma préparation qui m'ont été servies chaque jour par l'équipe de cuisine, j'ai pu manger cru tout le temps et je n'ai pas perdu de poids du tout. J'ai trouvé qu'un soin particulier était apporté aux repas.
Ces conditions à elles seules, où toutes les conditions matérielles sont offertes pour n'avoir à s'occuper de rien, assez exceptionnelles quand on a une charge de famille importante comme ce que je vis actuellement, m'ont permis une bonne prise de recul sur différents aspects de ma vie et m'ont occasionné d'importantes prises de consciences, que j'ai néanmoins eu des difficultés à gérer ensuite n'ayant personne à qui le partager, ce dont je n'ai pas du tout l'habitude.
La méditation à proprement parler
Il y a un certain nombre de méditations "obligatoires", 3 à 4 heures par jour et d'autres où on est invité à méditer dans sa chambre ou dans la salle de méditation, au choix. La souplesse ambiguë de ces dernières méditations permet de se reposer ou de se promener dans le centre. En faisantt, et cela a été aussi une erreur pour moi, le choix volontaire de suivre le programme en intégralité en salle, on se retrouve à suivre 10 heures de méditations par jour par tranches de 1h à 2h avec des indications régulières et permettant une progression, le tout sur CD audio en anglais et traduite en français. La technique est une pure technique, neutre, voir froide, d'une rigueur quasi scientifique, dans une salle aux grands murs blancs. Pas de distractions mentales possibles !
L'ensemble forme un programme avec une progression dans le temps. L'enseignant est présent à un certain nombre de méditations, et il prend régulièrement les étudiants par 5 pour leur poser exactement la même question, ce qui fait qu'il pose 40 fois la même question (pouvez vous ressentir telle sensation sur votre corps par exemple) et donne des réponses quasi invariables en fonction des réponses des méditants, ce qui ne donne pas vraiment une ambiance agréable.
J'ai donc tenu 4 jours à 8 - 10h de méditations quotidiennes. Le quatrième jour, je me suis retrouvé avec une contracture musculaire très douloureuse qui m'a obligé à prendre une chaise et a complètement limité mon autonomie à marcher. Il s'agissait d'une mémoire d'une évènement douloureux. J'ai dû demander à mes guides en channelling (ce n'est normalement pas permis sur le centre, on doit interrompre toute autre activité spirituelle pendant son séjour sur place) de m'éclairer sur cette douleur qui était dû à un évènement ancien très mal vécu par moi que j'ai pu ainsi évacuer. J'ai demandé à l'enseignant si suite aux méditations des douleurs physiques, des émotions, des souvenir difficiles pouvaient remonter, il m'a répondu de façon décalée et évasive en m'invitant à me concentrer sur mes sensations. C'est là la plus grosse lacune de cette technique, c'est qu'il n'y aucun accompagnement si minime soit il - psychologique, ne serais ce que pour signaler comment se manifeste le nettoyage des "négativités" comme il est précisé. A déconseiller absolument donc aux personnes instables émotionnellement. En 7 jours, jamais le mot émotion n'a été prononcé, alors qu'elles m'ont traversé constamment pendant toute la durée du séjour.
L'enseignement
C'est l'enseignement qui m'a fait quitter le centre. Il était proposé sur support audio tous les soirs à 19h. Je connais les principes et concepts généraux de l'enseignement du Bouddha pour les avoir étudiés lorsque j'étais plus jeune. Ici, c'est une vision très dépouillée de l'enseignement qui est présentée comme étant l'enseignement originel du Bouddha il y a 2500 ans, le Dhamma. Les premiers jours furent intéressants, et m'ont permis à moi aussi d'accéder à des compréhensions importantes. Comme par exemple le fait que nous sommes attirés par les sensations que provoquent chez nous les objets, émotions, situations que nous désirons. Ou que nous repoussons certains aspects dans notre vie à cause aussi des sensations désagréables induits. En cela cet enseignement est très précieux pour les personnes en proie à des addictions qu'elles qu'elles soient, et la société en génère de nombreuses.
L'enseignement est pour moi par contre déphasé sur des points majeurs avec la réalité d'aujourd'hui, et deux aspects fondamentaux m'ont mis très mal à l'aise :
- Il faut être dans la compassion et le service en permanence. Malheureusement on ne peut donner que ce que l'on possède, aussi, je pense que la première personne à servir est bien soi, sans égoïsme bien sur. Il faut apprendre à s'aimer, prendre soin de soi, être attentif à ses besoins...etc, sinon, impossible de partager - à mon sens. En cela cette présentation de compassion absolue est pour moi dangereuse si on ne s'inclue pas dans le processus.
- Il faut accepter avec equanimité (sans aucun jugement) les situations bonnes ou mauvaises que nous vivons. Je suis d'accord avec cela, mais nous sommes aussi invités à être les créateurs actifs de notre vie pour faire que nous vivions davantage de joies que de peines ! Ce pouvoir qui réside en chacun n'est pas du tout mentionné.
Voilà pour l'essentiel. Le fait qu'il soit proposé à 19h, alors que la journée démarre à 4h n'est pas juste parce que je me pose des questions sur la capacité de discernement des êtres humains après 15 heures de veille, et il est facile de faire accepter beaucoup plus quand la vigilance est basse, mais bon, cela n'est pas utilisé à mauvais escient je pense.
Après mon problème musculaire, mes guides (en chanelling, pas ceux du centre !) m'ont invité à ne suivre que les méditations obligatoires, ce qui psychologiquement n'était pas très évident, car dans ma chambre, deux jeunes étudiants méditaient en quasi permanence, l'un d'entre eux même parfois la nuit. Ils dormaient tous les deux à même leur sommier, je pensais donc qu'il s'agissait là d'anciens étudiants pour qui les conditions étaient plus strictes, mais non. L'un d'entre eux a commencé à devenir très agité le cinquième jour et a quitté le centre. Mon questionnement est : de quel accompagnement psychologique va bénéficier cette personne à l'extérieur ?
J'ai donc quitté le centre au matin du septième jour. A partir du troisième jour sur plusieurs points, j'ai régulièrement enfreint le règlement (pas de paroles, pas de contact entre hommes et femmes, pas de contact physique) en allant passer une heure le soir avec ma compagne pour échanger sur nos vécus et nos prises de conscience de la journée. Sans cela, je serai probablement parti le troisième jour. Cela nous a été très bénéfique à tous les deux et je pense retirer autant de bienfaits personnels de ce temps de partage quotidien que de la technique et des enseignements.
En résumé, je suis il est vrai assez négatif dans ce récit, néanmoins, je suis très heureux d'avoir vécu cette expérience sur laquelle je n'ai aucun recul, comme je témoigne à chaud. Prendre ainsi un temps pour soi dans une vie est quelques chose de riche et bénéfique. Il est néanmoins important à mes yeux de se respecter davantage dans ses besoins physiologiques basiques que de respecter les règles draconiennes imposées (l'enseignant m'a dit qu'il fallait "lutter" si la fatigue me gagnait, quitte à sortir s'asperger le visage d'eau froide - mon corps m'aurait dit qu'il faut "se reposer" si la fatigue me gagne, et à partir de 4e jour, 3 fois une heure de méditation par jour devaient se faire dans l'immobilité complète, malgré les douleurs, afin d'être à l'écoute des sensations du corps. Mais si j'ai mal mon corps me dit de changer de position et m'évite ainsi une contracture musculaire douloureuse sur plusieurs jours). Pour ceux qui ont besoin d'un espace d'intimité, préférez le camping, possible sur place à la belle saison.
Je suis très heureux de m'être écouté et d'avoir réussi à quitter cet enseignement avant sa fin, bien que cela soit présenté comme étant dangereux par la structure.
C'est en sachant ce qui ne me correspond pas que je sais mieux ce qui me correspond.
Voilà, ajouterai probablement des aspects plus positifs dans quelques semaines, avec du recul. Ici, j'ai juste témoigné de ma réalité telle qu'elle est.
Pour avoir une vision plus objective de cette pratique, vous pourrez retrouver un autre témoignage ici.
Eric
#8
Posté 01 juillet 2008 - 21:18
On peut faire des retraites dans divers centres bouddhistes en france, de 10 jours, 3 mois ou même 3 ans et 3 mois...
le centre Karmaling à Arvillard en savoie en propose...
celui de Lavaur dans le Tarn des retraites de 3 mois aussi
je suis pratiquant bouddhiste, mais je n'ai jamais fait de retraite aussi longue.
la seule que j'ai faite c'etait une retraite vajrasattva de 5 jours bien plus souple et de laquelle je garde un excellent souvenir qui me donnent envie de recommencer
les journées commencaient à 6 h pour se terminer à 22 h, avec 4 méditations basée sur la récitation de mantras tibetains.
6 h à 8 h , 10h à 12 h , 16h à 18h et 20h à 22h, mais là c'etait le "mantra pour pacifier les armes"
et il y avait de 14 h à 16 une seance de "partages et d'echanges" entre les participants, une vingtaine et les lamas fort instructives et fort conviviales
ce partage est essentiel.
Nous etions logés ma compagne (non bouddhiste) et moi dans une petite chambre très agréable.
Ce centre est situé à Soulan dans l'ariege pas loin de ton nouveau département je crois et dépend du centre de Lavaur dans le Tarn (pas loin non plus ) dont a parlé Nelly et ou je vais regulièrement pour un ou 2jours
Ce centre de Lavaur propose des activités adaptés en fonction des niveaux... module initiation, perfectionnement, ect... je pense que tu as voulu viser trop haut pour une première fois.
je ne peux rien te dire sur le centre qu'il y a dans l'yonne je ne connais pas
mais ne te décourages pas
Agir par la consommation
Consommer autrement...
être consomm-acteur et non plus (con)sommateur
amicalement Toutes et Tous
Michel
http://michel1955.fr/index.html
#9
Posté 02 juillet 2008 - 05:34
Tout d'abord, nous avons effectué notre retraite en Inde, au Gujarat. Mon compagnon connaissait déjà le centre et m'avait encouragé à suivre cette méditation. Cela me tentait beaucoup car je sais que j'ai besoin d'un cadre pour méditer ainsi, (personnellement je pratique ce que j'appelle la méditation en action
Mais Vijay, un agriculteur bio qui fait aussi le secrétariat du centre m'a encouragé avec sa femme en m'expliquant qu'il suffisait d'expliquer au guide et que l'on pourrait me mettre sur une chaise...etc j'ai donc décider finalement de faire cette retraite.
Citation
- Les hommes sont complètement séparés des femmes sauf en salle de méditation.
- Les journées débutent à 4h et se terminent à 21h
- Il est interdit de parler entre méditants sauf pour des raisons d'organisation ou sauf pour poser une question sur la technique de méditation enseignée. On peut se parler le dernier jour.
J'ai beaucoup apprécier cela en particulier la restriction de la parole, c'est aussi un peu dans ma nature. Il faut dire que le centre est magnifique et appelle à la contemplation méditative (paons sauvages, papillon, varang...l'odeur de la mer qui n'est pas loin, l'odeur de l'inde et les chants de Goenka).
J'ai pu réaliser à quel point ma tête était pleine à craquer de pensées incessantes, ce fut un véritable défi de calmer tout ça, j'ai été très tentée d'écrire le premier jour d'ailleurs.
Citation
j'ai passé beaucoup de temps seule, chacun avait sa petite chambre seuls les repas, les méditations et les enseignements du soir étaient pris/suivis en commun.
Citation
Les repas étaient délicieux, quoique étant végétalienne j'ai demandé à avoir plus de fruits car la cuisine indienne fait une belle part aux produits laitiers (et malheureusement c'est aussi trop gras). j'ai regretté qu'il n'y ait pas plus d'intérêt sur la "qualité" de l'alimentation. Beaucoup de méditants rotaient et pétaient pendant les méditations c'est sur qu'en Inde on a un autre rapport au corps ce n'est donc pas honteux d'avoir des gaz...etc mais selon moi c'était surtout révélateur d'une mauvaise façon de s'alimenter qui perturbe la digestion et peut donc être une gêne pendant la méditation et dans cette recherche de l'éveil tout simplement.
Citation
Il y a un certain nombre de méditations "obligatoires", 3 à 4 heures par jour et d'autres où on est invité à méditer dans sa chambre ou dans la salle de méditation, au choix. La souplesse ambiguë de ces dernières méditations permet de se reposer ou de se promener dans le centre. En faisantt, et cela a été aussi une erreur pour moi, le choix volontaire de suivre le programme en intégralité en salle, on se retrouve à suivre 10 heures de méditations par jour par tranches de 1h à 2h avec des indications régulières et permettant une progression, le tout sur CD audio en anglais et traduite en français. La technique est une pure technique, neutre, voir froide, d'une rigueur quasi scientifique, dans une salle aux grands murs blancs. Pas de distractions mentales possibles !
L'ensemble forme un programme avec une progression dans le temps. L'enseignant est présent à un certain nombre de méditations, et il prend régulièrement les étudiants par 5 pour leur poser exactement la même question, ce qui fait qu'il pose 40 fois la même question (pouvez vous ressentir telle sensation sur votre corps par exemple) et donne des réponses quasi invariables en fonction des réponses des méditants, ce qui ne donne pas vraiment une ambiance agréable.
Je dois dire que j'ai été une méditante très sérieuse et disciplinée, tous les jours debout à 3h45 (je suis généralement matinale et j'adore profiter du calme matinal) et j'étais dans la salle de méditation à 4h, j'ai suivi toutes les méditations tous les jours. J'ai eu quand même des moments de somnolence. Les 2 ou 3 premiers jours j'étais sur une chaise avec des coussins. J'avais un peu de mal à avoir une respiration détendue j'ai souvent tendance à oublier de respirer ou alors à trop contrôler ma respiration. Je n'osais pas aller voir nos guides (restes de craintes enfantines de l'autorité "parentale" je crois) étant toujours convaincue que je peux m'en sortir toute seule; mais ils nous appelaient régulièrement pour savoir comment ça se passait. je disais toujours ca va.
Citation
Dès les premiers jours, j'ai eu du mal à dormir à cause de sensations de décharges électriques sur tout le corps, j'ai donc continué la pratique pendant la nuit pour permettre à ses sensations de s'évacuer. Ce fut très bénéfique car j'ai senti un moment qu'un poids s'était enlevé ou plus exactement que des chaines au niveau de mes chevilles étaient tombées. J'ai cru comprendre qu'il s'agissait d'un complexe du noir face aux souffrance de l'esclavage et ce sentiment "d'infériorité" face aux "blancs" qui a du être transmise dans ma famille.
J'ai vraiment apprécié cette méthode de méditation et je trouve qu'au contraire elle ne renie pas les émotions mais nous permet au contraire d'y être extrêmement attentif, il ne faut que les observer. Ainsi lorsque j'avais une douleur j'observais la douleur et essayais de la disséquer en phénomènes physiques basiques : picotements, chaleur...tout en faisant cette analyse je finissais par ne plus ressentir la douleur, ça prend du temps quand même, et en attendant on a le temps d'avoir mal !!!
Cela dit, sur l'incitation du guide, le 3ème jour je crois j'étais assise au sol avec quelques adaptations pour être à l'aise jusqu'à méditer en tailleur.
J'ai tenté une fois la méditation en "cellule" individuelle (j'aime pas ce mot) et je n'ai pas supporté je me suis effectivement sentie en cellule !! Impossible d'être calme, j'ai eu plein de douleurs partout... je suis donc retournée aux méditations en salle.
Citation
C'est l'enseignement qui m'a fait quitter le centre. Il était proposé sur support audio tous les soirs à 19h. Je connais les principes et concepts généraux de l'enseignement du Bouddha pour les avoir étudiés lorsque j'étais plus jeune. Ici, c'est une vision très dépouillée de l'enseignement qui est présentée comme étant l'enseignement originel du Bouddha il y a 2500 ans, le Dhamma. Les premiers jours furent intéressants, et m'ont permis à moi aussi d'accéder à des compréhensions importantes. Comme par exemple le fait que nous sommes attirés par les sensations que provoquent chez nous les objets, émotions, situations que nous désirons. Ou que nous repoussons certains aspects dans notre vie à cause aussi des sensations désagréables induits.
J'ai beaucoup aimé l'enseignement cela a été un peu comme une révélation, j'étais bouddhiste pas très pratiquante, mais déjà un peu sortie du bouddhisme en fait pour une croyance plus "universelle" je dirais. Mon voyage en inde (ladakh) avait aussi pour objectif de voir ce que signifiait être bouddhiste au quotidien. Et des quelques mois passés au Ladakh, je gardais l'impression que c'était une religion comme une autre et j'avais envie de mieux connaitre la source de l'enseignement bouddhiste, j'étais donc heureuse de pouvoir trouver cela dans le Dhamma, le guide m'a d'ailleurs remis un ouvrage sur les transcriptions des discours du Bouddha.
J'aimais beaucoup la séance du soir. J'ai commencé à la suivre en anglais avec d'autres méditants puis j'ai demandé d'avoir la cassette en français, je me suis donc retrouvée seule pendant ces séances ce qui m'a beaucoup plu car je pouvais rester dans ce cocon de solitude sereine.
J'ai trouvé que les enseignements disaient bien à quel point nous sommes les créateurs de notre propre vie et combien nos réactions à nos émotions avaient une incidence. Et je ne crois pas qu'il y avait une opposition avec l'équanimité. J'ai compris l'équanimité comme le fait de ne pas s'attacher, s'aliéner à nos émotions qu'elles soient heureuses ou non, savoir que tout passe. Mais ca n'empêche pas de rire ou de pleurer. J'ai compris cela comme le fait de vivre ses émotions au présent en favorisant bien sûr celles qui ne créent pas de "résidus toxiques "pour notre corps et notre esprit.
Bon ca commence à devenir long alors je vais pas tarder à m'arrêter.
L'avant dernier jour, le soir on avait droit de parler à nouveau, ça m'a pas mal perturbé car les méditantes s'en sont donné à coeur joie, elles n'ont pas arrêter de parler jusque tard dans la nuit comme si on leur avait enlevé une soupape. Personnellement, j'ai préféré continué à rester silencieuse au possible. J'ai surtout été heureuse de retrouver Sam, je n'ai pas trop souhaité parler de ce que j'avais vécu tout de suite.
Bon d'ailleurs je continuerais d'en parler plus tard
#10
Posté 02 juillet 2008 - 08:18
en qualité de grande novice dans le domaine de la méditation, et n'ayant jamais été dans un centre bouddhiste, j'aimerais savoir si quelqu'un en connaît un non loin de poitiers.
Je vais dans les deux-sèvres en juillet avec mon amie et notre petit bout d'un mois et nous souhaiterions avoir une expérience "douce" de la vie dans un endroit baigné par cette énergie... même si ce n'est que pour une première visite sans forcément méditer, juste pour découvrir le fonctionnement et participer à la vie du centre pendant 1 journée.
merci à tous, carot'
Sachant que les possessions sont éphémères et dénuées d'essence, Pratique avec respect la générosité (Nagarjuna)
#11 Guest_cedricia_*
Posté 02 juillet 2008 - 15:38
et je joins les règles d'un monastère en Suisse où j'ai pris refuge =)
Reflections for guests staying at Dhammapala
Dhammapala Monastery is a community of residents monastics and lay-visitors, and in a ?group of this size harmony and mutual support are of great importance. These qualities are woven ?into the communal lifestyle, and so visitors are encouraged to attune themselves to the way things ?are done here. This is also appropriate simply out of respect to those who are supporting the ?monastery, and so also its visitors.
The basis of support for Dhammapala Buddhist Monastery is dana, that is, free-will offering. ?It is a long tradition in Buddhism that lay people look after the needs of those undertaking the life ?and discipline of a monk or nun. It is also customary that space is available in monasteries for lay ?people to visit, for the many reasons that inspire them to come. At Dhammapala, efforts have ?been made to provide ample accommodation for visitors, whether they are looking into Buddhism ?for the first time or have had a long-term involvement with the practice.
In this spirit, the following guidelines for guests have been developed.
FOLLOWING THE DAILY ROUTINE
The rhythm of life at Dhammapala is an essential part of the spiritual practice of the ?community. You should make a sincere effort to follow the daily schedule, most especially to ?attend the morning and evening meditations, the morning community meeting, and to be available ?to help during the work periods. It is understandable if you need to depart from the routine ?occasionally because of illness or other reasons, but always let the guestmaster know.
THE EIGHT PRECEPTS
These are the foundation of the community's relationship to people and things. While you are ?here, it is important to undertake them wholeheartedly, for the insight they offer, and out of ?consideration for everyone else in the community. You are encouraged to keep the precepts ?continuously from the beginning to the end of your stay. (Special arrangements regarding evening ?food can usually be made for the elderly, children and for those with medical or other conditions.)
1. HARMLESSNESS : to refrain from intentionally killing any living being;
2. TRUSTWORTHINESS : to refrain from taking anything not given;
3. CHASTITY : to refrain from sexual activity;
RIGHT SPEECH : to refrain from false, abusive, malicious or
frivolous speech;
5. SOBRIETY : to refrain from taking intoxicating substances;
6. RENUNCIATION : to refrain from eating food after midday;
SENSE RETRAINT : to refrain from dancing, singing, music,
playing games and from self- adornment or inappropriate dress;
8. EARNESTNESS : to refrain from over-indulgence in sleep.
MODESTY AND RESTRAINT
Take special care to dress and act with modesty (seventh precept). In a place where chastity ?is observed, it is fitting to tone down the attractive qualities of personal appearance and behaviour. ?When in the company of a monk, nun or novice, keep in mind that their discipline prohibits ?physical contact with members of the opposite sex.
CARING FOR THE MONASTERY PROPERTY
Everything at the monastery has come from someone's generosity to the Sangha, and we ask ?you to treat it respectfully. Keep your things tidy, particularly in spaces that are being used ?communally. If anything needs repair, replacing or refilling, please let the guestmaster know.
A MONASTERY IS A SANCTUARY --
-- from the usual worldly concerns. As you are sharing in this life as a visitor, it is not ?appropriate to come and go without notice, or to engage in external business during your stay.
DURATION OF STAY
First-time visits are limited to three days unless otherwise arranged with the guestmaster. ?There is more flexibility with regard to those coming from afar. In all cases, please contact us ?before coming. If you wish to extend a visit after having been here for a few days, please consult ?with the guestmaster. The length of stay is usually limited to a maximum of one month.
HOW GUESTS CAN SUPPORT THE MONASTERY
The expenses of the monastery - for the needs of the monastic community and for things ?such as building maintenance and repairs, electricity, heating-oil, etc. - are met from donations. ?No special charge is made for your stay. We ask you to remember, however, that the financial ?responsibilities of the monastery are considerable. Contributions are greatly needed and ?appreciated. If you are interested in supporting Dhammapala on a regular basis, this is possible ?through banker's orders; further information is available.
These guidelines are given in the spirit of making your stay as fruitful as possible. Guests are ?encouraged to make full use of this occasion, for their own benefit and that of other guests and ?the members of the monastic community.
Wishing you a pleasant and beneficial stay.
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#12
Posté 02 juillet 2008 - 21:46
carot, le 2 Jul 2008, 10:18, dit :
en qualité de grande novice dans le domaine de la méditation, et n'ayant jamais été dans un centre bouddhiste, j'aimerais savoir si quelqu'un en connaît un non loin de poitiers.
Je vais dans les deux-sèvres en juillet avec mon amie et notre petit bout d'un mois et nous souhaiterions avoir une expérience "douce" de la vie dans un endroit baigné par cette énergie... même si ce n'est que pour une première visite sans forcément méditer, juste pour découvrir le fonctionnement et participer à la vie du centre pendant 1 journée.
merci à tous, carot'
hello,
"la Gendronnière" temple Zen de l'AZI, à Valaire dans le Loir et Cher (site de l'AZI sur le net)
pendant la préparation de la cession il doit être possible de participer une journée, leur poser la question
bonne pratique
#13
Posté 03 juillet 2008 - 08:03
souris, le 2 Jul 2008, 23:46, dit :
"la Gendronnière" temple Zen de l'AZI, à Valaire dans le Loir et Cher (site de l'AZI sur le net)
pendant la préparation de la cession il doit être possible de participer une journée, leur poser la question
bonne pratique
merci Souris
Sachant que les possessions sont éphémères et dénuées d'essence, Pratique avec respect la générosité (Nagarjuna)
#14
Posté 04 juillet 2008 - 18:28
Un petit post pour partager mon expérience : j'ai fait 2 retraites Vipassana de 8 jours en mars et août dernier ( en Suisse et en Bretagne ) qui n'ont rien à voir avec les conditions strictes que tu décris ici. Ces retraites sont organisées par l'association Terre d'éveil ( http://www.vipassana.fr/) qui fait appel à des instructeurs du monde entier. Les instructeurs méditent avec nous , sont présents en permanence et donnent des conseils et explications tous les soirs. La douleur, si elle perturbe la méditation, est à éviter : on prend donc la position la plus adaptée à ses capacités. La méditation est faite assise puis en marchant ( 45 minutes à chaque fois ). Elle débute à 6h00 du matin jusqu'à 21h30 environ (mais on peut commencer avant et continuer après ). Le noble silence ( silence complet ) est également de mise après le premier repas du premier jour, jusqu'au dernier jour. Je ne suis pas bouddhiste et la première semaine j'ignorais tout du bouddhisme : j' y suis allé uniquement pour l'opportunité de méditer toute la journée ( et j'ai découvert à ma grande surprise une technique très sophistiquée ). Nous étions entre 30 et 40 personnes de tout niveau, hommes et femmes mélangés ( sauf les dortoirs ), repas végétariens ( excellents ), cadres très agréables, chacun devant particper à une tâche d'intérêt général ( vaisselle etc. ). Pour ma part j'ai trouvé ces semaines très agréables et trés fortes en émotions. Bref, une expérience que je ne peux que recommander.
#15
Posté 15 juillet 2008 - 21:19
il y a quelques années j'ai fait deux séjours à la "Demeure sans limite" (http://www.larbredeleveil.org/), du bouddhisme zen soto . Le centre était alors sous la direction de Joshi sensei , (une nonne, bouddhiste française d'un grand charisme) elle a confié la succession à l'une de ses élèves devenue nonne. lever avant 5h et coucher à 21h30.
ce que j'avais alors trouvé très interessant, c'est la part accordée au travail manuel, qui équilibrait l'austérité de la méditation (et pourtant, j'étais loin de méditer pendant 10heures… ce qui me semble un peu extravagant si on n'a pas préparé le terrain auparavant ). Aller retourner la terre, faire briller le plancher du zendo oubrosser des légumes avec minutie calment vraiment des nerfs qui frisent; La grande attention accordée au moindre geste du quotidien est vraiment au cœur des pratiques japonaises, -mais aussi viet comme l'explique si bien Tich Nhat Thanh à chacune de ses interventions. (je sais qu'on peut faire des retraites dans son centre dans le sud ouest)
J'ai une amie qui a longtemps pratiqué au centre de la falaise verte (zen japonais rinzai), assez austère, mais aussi qui équilibre avec des activités manuelles.
Personnelllement, dans ce type de pratique, je trouve que c'est la transmission de maitre à disciple qui compte d'abord;
http://princesseaupe...s.over-blog.com
#16
Posté 22 janvier 2010 - 12:01
Je viens de m'inscrire au forum, motivée au départ par le souhait de poster un commentaire suite à la lecture de ton message (qui date certes, mais bon...)
En effet, je voulais préciser qu'il y a d'autres centres vipassana en france, ou en tous cas, d'autres lieux qui proposent la retraite de 10 jours, voire d'1 mois, notamment pas très loin de l'Aude, à l'institut vajra yogini, à lavaur dans le Tarn. C'est le vénérable antonio qui dispense ce genre de retraites dans ce centre et dans bien d'autres structures à travers le monde, notamment le root institute à Bodhgaya.
Sinon, à plus petite échelle, sans faire de prosélitisme, nous proposons 1 journée par trimestre de pleine conscience à Verzeille (prochaine journée le 13 février).
en espérant que ton expérience méditative dans ces conditions strictes reste un bon souvenir...
Cordialement,
Nadine
Bonjour à tous,
Je rentre ce matin de mon septième jour au centre de méditation Vipassana de Dhamma Mahi dans l'Yonne. J'ai mis fin prématurément à cette expérience et je souhaite en témoigner ici. Ce centre de méditation, le seul en France (plus de 100 dans le monde), permet à chacun d'effectuer dans des conditions protégées une retraite méditative silencieuse de 10 jours accompagnée d'une heure et quart de conférences sur CD quotidiennes replaçant la technique pure dans son contexte spirituel. 80 méditants simultanément, environ 2/3 de nouveaux et 1/3 d'anciens.
Nous avons pris la décision de faire cette retraite ma compagne et moi comme différents amis nous en ont vanté les bienfaits et comme nous quittons la région et que ce centre est à 3/4h de chez nous, nous souhaitions le faire avant de partir à 800km.
Etant Bouddhiste (non pratiquant, je dirais plus Bouddhiste de cœur)- j'ai choisi cette religion il y a 14 ans, je la trouve la moins éloignée de mes concepts personnels - je pensais que l'adaptation à cette aventure se ferait très facilement. Je ne m'étais absolument pas préparé (tort à moi) en reprenant une méditation quotidienne par exemple et je me suis retrouvé brutalement d'une activité fébrile de la préparation d'un déménagement à méditer 10 heures par jour et ceci sans aucun "sas de décompression" car le centre est à 45 minutes de chez nous. Du coup, le décalage a été assez violent pour moi. Pour placer le contexte voici le cadre :
Les conditions
- Les hommes sont complètement séparés des femmes sauf en salle de méditation.
- Les journées débutent à 4h et se terminent à 21h
- Il est interdit de parler entre méditants sauf pour des raisons d'organisation ou sauf pour poser une question sur la technique de méditation enseignée. On peut se parler le dernier jour.
- On est jamais seul (pour les nouveaux méditants), les repas sont pris en commun, et l'hébergement ainsi que les méditations sont collectives sauf si on médite dans sa chambre et qu'aucun autre méditant n'est présent à cet instant.
- Il n'y a que deux "gros" repas végétariens servis par jour, le matin et le midi, deux fruits sont proposés à 17h. Tisanes à volonté. Malgré cela, j'avais emmené des avocats et des céréales crues de ma préparation qui m'ont été servies chaque jour par l'équipe de cuisine, j'ai pu manger cru tout le temps et je n'ai pas perdu de poids du tout. J'ai trouvé qu'un soin particulier était apporté aux repas.
Ces conditions à elles seules, où toutes les conditions matérielles sont offertes pour n'avoir à s'occuper de rien, assez exceptionnelles quand on a une charge de famille importante comme ce que je vis actuellement, m'ont permis une bonne prise de recul sur différents aspects de ma vie et m'ont occasionné d'importantes prises de consciences, que j'ai néanmoins eu des difficultés à gérer ensuite n'ayant personne à qui le partager, ce dont je n'ai pas du tout l'habitude.
La méditation à proprement parler
Il y a un certain nombre de méditations "obligatoires", 3 à 4 heures par jour et d'autres où on est invité à méditer dans sa chambre ou dans la salle de méditation, au choix. La souplesse ambiguë de ces dernières méditations permet de se reposer ou de se promener dans le centre. En faisantt, et cela a été aussi une erreur pour moi, le choix volontaire de suivre le programme en intégralité en salle, on se retrouve à suivre 10 heures de méditations par jour par tranches de 1h à 2h avec des indications régulières et permettant une progression, le tout sur CD audio en anglais et traduite en français. La technique est une pure technique, neutre, voir froide, d'une rigueur quasi scientifique, dans une salle aux grands murs blancs. Pas de distractions mentales possibles !
L'ensemble forme un programme avec une progression dans le temps. L'enseignant est présent à un certain nombre de méditations, et il prend régulièrement les étudiants par 5 pour leur poser exactement la même question, ce qui fait qu'il pose 40 fois la même question (pouvez vous ressentir telle sensation sur votre corps par exemple) et donne des réponses quasi invariables en fonction des réponses des méditants, ce qui ne donne pas vraiment une ambiance agréable.
J'ai donc tenu 4 jours à 8 - 10h de méditations quotidiennes. Le quatrième jour, je me suis retrouvé avec une contracture musculaire très douloureuse qui m'a obligé à prendre une chaise et a complètement limité mon autonomie à marcher. Il s'agissait d'une mémoire d'une évènement douloureux. J'ai demandé à l'enseignant si suite aux méditations des douleurs physiques, des émotions, des souvenir difficiles pouvaient remonter, il m'a répondu de façon décalée et évasive en m'invitant à me concentrer sur mes sensations. C'est là la plus grosse lacune de cette technique, c'est qu'il n'y aucun accompagnement si minime soit il - psychologique, ne serais ce que pour signaler comment se manifeste le nettoyage des "négativités" comme il est précisé. A déconseiller absolument donc aux personnes instables émotionnellement. En 7 jours, jamais le mot émotion n'a été prononcé, alors qu'elles m'ont traversé constamment pendant toute la durée du séjour.
L'enseignement
C'est l'enseignement qui m'a fait quitter le centre. Il était proposé sur support audio tous les soirs à 19h. Je connais les principes et concepts généraux de l'enseignement du Bouddha pour les avoir étudiés lorsque j'étais plus jeune. Ici, c'est une vision très dépouillée de l'enseignement qui est présentée comme étant l'enseignement originel du Bouddha il y a 2500 ans, le Dhamma. Les premiers jours furent intéressants, et m'ont permis à moi aussi d'accéder à des compréhensions importantes. Comme par exemple le fait que nous sommes attirés par les sensations que provoquent chez nous les objets, émotions, situations que nous désirons. Ou que nous repoussons certains aspects dans notre vie à cause aussi des sensations désagréables induits. En cela cet enseignement est très précieux pour les personnes en proie à des addictions qu'elles qu'elles soient, et la société en génère de nombreuses.
L'enseignement est pour moi par contre déphasé sur des points majeurs avec la réalité d'aujourd'hui, et deux aspects fondamentaux m'ont mis très mal à l'aise :
- Il faut être dans la compassion et le service en permanence. Malheureusement on ne peut donner que ce que l'on possède, aussi, je pense que la première personne à servir est bien soi, sans égoïsme bien sur. Il faut apprendre à s'aimer, prendre soin de soi, être attentif à ses besoins...etc, sinon, impossible de partager - à mon sens. En cela cette présentation de compassion absolue est pour moi dangereuse si on ne s'inclue pas dans le processus.
- Il faut accepter avec equanimité (sans aucun jugement) les situations bonnes ou mauvaises que nous vivons. Je suis d'accord avec cela, mais nous sommes aussi invités à être les créateurs actifs de notre vie pour faire que nous vivions davantage de joies que de peines ! Ce pouvoir qui réside en chacun n'est pas du tout mentionné.
Voilà pour l'essentiel. Le fait qu'il soit proposé à 19h, alors que la journée démarre à 4h n'est pas juste parce que je me pose des questions sur la capacité de discernement des êtres humains après 15 heures de veille, et il est facile de faire accepter beaucoup plus quand la vigilance est basse, mais bon, cela n'est pas utilisé à mauvais escient je pense.
Dans ma chambre, deux jeunes étudiants méditaient en quasi permanence, l'un d'entre eux même parfois la nuit. Ils dormaient tous les deux à même leur sommier, je pensais donc qu'il s'agissait là d'anciens étudiants pour qui les conditions étaient plus strictes, mais non. L'un d'entre eux a commencé à devenir très agité le cinquième jour et a quitté le centre. Mon questionnement est : de quel accompagnement psychologique va bénéficier cette personne à l'extérieur ?
J'ai donc quitté le centre au matin du septième jour. A partir du troisième jour sur plusieurs points, j'ai régulièrement enfreint le règlement (pas de paroles, pas de contact entre hommes et femmes, pas de contact physique) en allant passer une heure le soir avec ma compagne pour échanger sur nos vécus et nos prises de conscience de la journée. Sans cela, je serai probablement parti le troisième jour. Cela nous a été très bénéfique à tous les deux et je pense retirer autant de bienfaits personnels de ce temps de partage quotidien que de la technique et des enseignements.
En résumé, je suis il est vrai assez négatif dans ce récit, néanmoins, je suis heureux d'avoir vécu cette expérience sur laquelle je n'ai aucun recul, comme je témoigne à chaud. Prendre ainsi un temps pour soi dans une vie est quelques chose de riche et bénéfique. Il est néanmoins important à mes yeux de se respecter davantage dans ses besoins physiologiques basiques que de respecter les règles draconiennes imposées (l'enseignant m'a dit qu'il fallait "lutter" si la fatigue me gagnait, quitte à sortir s'asperger le visage d'eau froide - mon corps m'aurait dit qu'il faut "se reposer" si la fatigue me gagne, et à partir de 4e jour, 3 fois une heure de méditation par jour devaient se faire dans l'immobilité complète, malgré les douleurs, afin d'être à l'écoute des sensations du corps. Mais si j'ai mal mon corps me dit de changer de position et m'évite ainsi une contracture musculaire douloureuse sur plusieurs jours). Pour ceux qui ont besoin d'un espace d'intimité, préférez le camping, possible sur place à la belle saison.
Je suis très heureux de m'être écouté et d'avoir réussi à quitter cet enseignement avant sa fin, bien que cela soit présenté comme étant dangereux par la structure.
C'est en sachant ce qui ne me correspond pas que je sais mieux ce qui me correspond.
Voilà, ajouterai probablement des aspects plus positifs dans quelques semaines, avec du recul. Ici, j'ai juste témoigné de ma réalité telle qu'elle est.
Pour avoir une vision plus objective de cette pratique, vous pourrez retrouver un autre témoignage ici.
Eric
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